Les étudiants verrouillent leur blocage

UNIVERSITE Valérie Pécresse a reçu hier les cinq organisations étudiantes...

Laure de Charette

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Les cinq organisations étudiantes représentatives - l'Unef, la Fage, l'Uni, la Cé et PDE - ainsi que la Conférence des présidents d'universités (CPU) étaient reçues jeudi par la ministre de l'Enseignement supérieur, Valérie Pécresse.
Les cinq organisations étudiantes représentatives - l'Unef, la Fage, l'Uni, la Cé et PDE - ainsi que la Conférence des présidents d'universités (CPU) étaient reçues jeudi par la ministre de l'Enseignement supérieur, Valérie Pécresse. — Martin Bureau AFP

Le bras de fer s'intensifie. Valérie Pécresse a reçu hier les cinq organisations étudiantes représentatives, ainsi que les représentants de la conférence des présidents d'universités (CPU).

Pas de rattrapage des cours

La ministre de l'Enseignement supérieur a appelé à «la levée des blocages» contre sa loi sur l'autonomie des universités, votée en août dernier, estimant qu'«à quelques semaines des examens, c'est toute l'année universitaire d'un étudiant qui peut être mise en danger».

Porte-parole de la CPU, Michel Lussault, a d'ailleurs précisé que «la majorité des enseignants-chercheurs ne changeraient pas leurs cours et n'aménageraient rien. L'idée d'un premier semestre avec des aménagements pour compenser les semaines de cours perdues, qui circule dans certaines AG, est erronée.»

Rencontre «pas du tout concluante»

De son côté, Bruno Julliard, le président de l'Unef (principal syndicat étudiant de gauche), qui pourrait reprendre le mouvement en main, a estimé que la discussion avec Valérie Pécresse, qui a duré trois quarts d'heure environ, n'avait «pas été du tout concluante». La ministre « a pris note de nos revendications, elle ne s'est engagée sur aucun des sujets », a-t-il regretté. Il a appelé à « poursuivre et amplifier la mobilisation dans les universités en participant massivement aux assemblées générales et en votant la grève ».

Tout en précisant que les blocages ne se justifient que s'ils sont « le fait d'une majorité ». Quoi qu'il en soit, 42 sites universitaires, correspondant à 40 universités sur un total de 85, étaient perturbés jeudi dont 29 bloqués à des degrés divers.

A Rennes-II, les cours ont repris hier après l'évacuation dans la nuit des jeunes qui bloquaient l'université depuis le 6 novembre. Mais à Marseille, des étudiants ont voté la suspension des cours jusqu'à mardi prochain, pour pouvoir préparer leur participation à la mobilisation des fonctionnaires. Un rassemblement de plusieurs syndicats du secondaire doit avoir lieu aujourd'hui à 14 h devant l'Assemblée nationale, au moment du vote du budget 2008 de l'Enseignement supérieur et de la Recherche.

Vendredi matin, Valérie Pécresse, a assuré sur France 2 que le mouvement étudiant de contestation «touche à des degrés divers 32 universités» sur 85. «Il y a sept universités qui sont fermées et deux qui sont bloquées et une vingtaine qui sont touchées à des degrés divers, mais ça peut être un site, des barrages filtrants, une poignée d'étudiants», a-t-elle ajouté.