Où est passé l’argent des banlieues?

FINANCES La Cour des comptes épingle les dysfonctionnements des politiques de la ville...

P. K.

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Une enquête réalisée en Seine-Saint-Denis en 2006 révèle l'ampleur des agressions sexistes, violences physiques ou sexuelles, dont les jeunes filles sont victimes dans la rue et/ou en famille, dans ce département de la région parisienne.
Une enquête réalisée en Seine-Saint-Denis en 2006 révèle l'ampleur des agressions sexistes, violences physiques ou sexuelles, dont les jeunes filles sont victimes dans la rue et/ou en famille, dans ce département de la région parisienne. — Damien Meyer AFP/Archives

Quatre milliards d’euros, voilà ce que l’Etat a versé en 2006 pour la politique de la ville. Pour quel résultat? C’est la question que pose abruptement un rapport de la Cour des comptes rendu public mardi au Sénat. Dans le viseur, les treize lois sur la politique de la ville votées en vingt ans, sans résultat probant.

«Sans ce qui a été fait depuis vingt ans, la situation serait bien pire», démine Philippe Dallier, sénateur apparenté UMP de Seine-Saint-Denis, rapporteur spécial de la mission «Ville et logement».

«Il faut être bac+10 pour comprendre»

Et pourtant, la Cour des comptes pointe l’accumulation des dispositifs. «Il faut être bac+10 pour comprendre», ironise dans «Le Parisien» Fadela Amara, secrétaire à la Politique de la ville, qui va elle aussi présenter bientôt son plan banlieue.

Principales victimes, les associations, qui subissent les retards de paiement de l’Etat. Fadela Amara, 19e personne à occuper le fauteuil de ministre de la ville, envisage d’ailleurs de payer les subventions en début d’année, et de signer des conventions pluriannuelles, pour éviter aux associations un fastidieux parcours du combattant pour obtenir tous les ans un renouvellement des subventions.