Un réseau de mariages blancs jugé à Meaux

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Le tribunal correctionnel de Meaux (Seine-et-Marne) juge à partir d'aujourd'hui et jusqu'à vendredi vingt-neuf femmes et hommes accusés d'avoir participé à l'organisation de mariages blancs, en tant que mariés, témoins ou intermédiaires, de 2000 à 2005. Parmi les prévenus se trouvent douze hommes d'origine tunisienne, dont plusieurs nés à Golaa, et seize femmes, pour la plupart habitant les quartiers défavorisés de Beauval et de la Pierre-Collinet à Meaux. Les uns et les autres sont unis par des liens familiaux plus ou moins étroits ou des liens amicaux, et jouaient tantôt le rôle de témoin, tantôt le rôle de marié(e), tantôt celui d'organisateur.

Les policiers, s'appuyant sur les informations des RG sur une liste de mariages transmise par la mairie de Meaux et sur des éléments issus de procédures datant de 2004, ont identifié trois clans dans la nébuleuse des suspects. Généralement issues de milieux défavorisés, les mariées acceptaient de convoler pour des sommes modestes, autour de 1 500 euros, ou même seulement pour avoir un mari. L'une d'elles a fait affaire contre la promesse d'une embauche en CDD dans une boulangerie appartenant à la famille de son époux. La plupart divorçaient rapidement après l'obtention de papiers par leurs conjoints. Ceux-ci demandaient souvent, alors, le rapprochement de leur famille restée au pays. Onze mariages blancs ont été retenus dans la procédure, d'autres ayant déjà été jugés, et d'autres étant prescrits.