Privatisation et « système à deux vitesses » en ligne de mire

P. B. - ©2007 20 minutes

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La loi Pécresse prévoit la réduction du nombre de personnes siégant aux conseils d'administration des universités, le renforcement du pouvoir des présidents et la possibilité d'un mécénat pour financer l'enseignement supérieur. Certaines mesures de ce texte posent problème aux étudiants. Explications.

· Le système de financement Jérémy Giono, président du Collectif contre l'autonomie des universités (extrême gauche) rejette le principe même de cette loi. Il affirme que « l'autonomie budgétaire entraînera la disparition des filières non rentables et instituera une privatisation de l'université ». Selon lui, cette réforme imposera aussi « une mise à la disposition de l'université auprès des entreprises ».

De son côté, l'Unef estime que « ce financement risque d'accroître le fossé entre les grandes écoles et les universités », et prévient qu'il débouchera sur « une mise en concurrence de celles-ci ». Bruno Julliard, président de l'Unef, craint l'apparition d'un système d'universités à deux vitesses dans un mouvement de désengagement de l'Etat. Le budget de l'enseignement supérieur, pourtant en hausse (1,8 milliard d'euros), ne profiterait pas à l'université mais aux entreprises sous forme d'exonérations fiscales, selon le syndicat.

· Moins de pouvoir aux étudiants « A ce désinvestissement financier s'ajoute un désinvestissement politique », avance Juliette Griffond, de l'Unef. La réduction du conseil d'administration, qui se traduit par une diminution de la représentation des étudiants, pénalise ces derniers lors de l'élection du président de l'université. Celui-ci, en revanche, accroît ses pouvoirs avec la possibilité de nommer des personnalités extérieures dans ce conseil.

· Inégalités sociales Les organisations étudiantes estiment aussi que la répartition des aides sociales est inégalitaire, car les bourses sont attribuées en fonction de critères de mérite et non selon des critères sociaux. Par ailleurs, elles déplorent un manque de moyens accordés au logement étudiant.