Les pêcheurs normands rejoignent les Bretons

Sa. C. avec AFP

— 

Le ministre de l'Agriculture et de la Pêche Michel Barnier recevra mercredi matin les représentants des marins-pêcheurs afin de "travailler sur des propositions complémentaires" pour répondre à leurs inquiétudes sur l'envolée des prix du gazole, d'après un communiqué dimanche.
Le ministre de l'Agriculture et de la Pêche Michel Barnier recevra mercredi matin les représentants des marins-pêcheurs afin de "travailler sur des propositions complémentaires" pour répondre à leurs inquiétudes sur l'envolée des prix du gazole, d'après un communiqué dimanche. — Philippe Huguen AFP

Les marins-pêcheurs de Normandie rejoignent ceux de la Bretagne. Ils ont bloqué lundi en début d'après-midi le port du Havre pour «une durée limitée à une heure ou une heure et demie» afin de réclamer des mesures face à la hausse du prix du gazole, a-t-on appris auprès des organisateurs.

Cornes de brume en action, un peu plus de vingt bateaux de pêche se sont positionnés vers 14h30 dans l'avant-port, empêchant tout mouvement de navires de commerce. Ces pêcheurs viennent des ports du Calvados et de la Seine-Maritime, de Port-en-Bessin à Dieppe en passant par Ouistreham, Trouville, Honfleur, Le Havre et Fécamp. Ils disent agir de leur propre initiative avec le soutien des comités locaux des pêches. En Normandie, ce mouvement a déjà touché samedi Le Havre, où le départ des monocoques de la Transat Jacques Vabre a été retardé d'une heure, et lundi matin Dieppe, où le port trans-Manche a été bloqué durant quatre heures. En Loire-Atlantique, les pêcheurs du Croisic et de la Turballe bloquent depuis la fin de matinée l’accès à la raffinerie de Donges.

En Bretagne


Les 300 pêcheurs du Sud-Finistère qui manifestaient lundi depuis l'aube devant le dépôt de carburant du port de commerce de Brest ont levé leurs barrages et se dirigent vers Quimper, selon l'AFP. Ils ont décidé de mener une opération escargot sur la RN 165 Brest-Quimper pour aller manifester devant la préfecture du Finistère.

A Lorient, quelques 300 pêcheurs, selon les organisateurs, moins de 150 selon la préfecture ont bloqué le dépôt de carburant en mettant le feu à des palettes et les manifestants ont mené une opération escargot dans le centre-ville. A Douarnenez, une cinquantaine de pêcheurs, selon la gendarmerie, ont cadenassé la grille du dépôt de carburant.

Le but des ces actions? Réclamer des mesures face à l'envolée des prix du gazole.

«Comité de crise»

Les pêcheurs ont annoncé, en milieu de matinée, avoir reçu de la part du ministre de l'Agriculture et de la Pêche, Michel Barnier, une proposition de réunion avec des représentants du «comité de crise» mis en place au début du mouvement de protestation.

«Nous avons reçu un coup de fil du ministère et une délégation de quinze personnes appartenant au comité de crise sera reçue mercredi matin, indépendamment du comité national des pêches, par le ministre», a indiqué Robert Bouguéon, président du comité des pêches du Guilvinec (Finistère).

Il est soutenu par le président du comité régional des pêches maritimes de la région Provence-Alpes Côte d'Azur, Mourad Kahoul, qui a demandé lundi que «le gouvernement convoque les pétroliers» pour trouver une issue à la hausse du prix des carburants pénalisant les marins-pêcheurs. «On ne veut pas d'assistanat, pas d'aides», a-t-il déclaré, envisageant la possibilité «d'empêcher les pétroliers d'accéder» au terminal pétrolier de Fos-sur-mer (Bouches-du-Rhône) si aucune issue n'est trouvée lors de la réunion prévue mercredi au ministère de l'Agriculture et de la Pêche.

Selon lui, les compagnies pétrolières ont acheté le carburant il y a six mois, à une date où il était moins cher. «Nous ne voulons pas subir de plein fouet les variations des marges des groupes pétroliers» a-t-il ajouté, dans un communiqué de soutien aux pêcheurs du Guilvinec.