Sarkozy au Tchad: «On ne peut pas diriger un Etat en se prenant pour Zorro»

REACTIONS Interrogations sur la diplomatie spectacle, félicitations pour la libération des...

P. K.

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Le président tchadien Deby peut "compter sur ma reconnaissance et mon amitié", a déclaré Nicolas Sarkozy, accompagné de sa secrétaire d'Etat aux Affaires étrangères Rama Yade, avant d'embarquer à bord d'un A-319 militaire de la République française.
Le président tchadien Deby peut "compter sur ma reconnaissance et mon amitié", a déclaré Nicolas Sarkozy, accompagné de sa secrétaire d'Etat aux Affaires étrangères Rama Yade, avant d'embarquer à bord d'un A-319 militaire de la République française. — Issouf Sanogo AFP

«On ne peut pas diriger un Etat en se prenant pour Zorro». A l’image de nombreux responsables de la gauche, Jean-Louis Bianco, député PS des Alpes de Haute-Provence et ancien directeur de campagne de Ségolène Royal, se félicite bien sûr de la libération des journalistes, mais s’interroge sur le voyage express du président de la République dans «Le Parisien/Aujourd'hui en France» . «Nicolas Sarkozy ne résiste pas à sa tentation permanente de mettre en scène son action comme s'il était le seul à agir.»

« Est-ce le rôle du président de la République de venir les chercher lui-même?», s’est interrogé François Hollande. Le premier secrétaire du parti socialiste a aussi demandé la création d’une commission d’enquête, alors que celle sur la libération des infirmières bulgares n’est pas encore au travail.

«C'est son tempérament»

Le FN rejoint le PS pour dénoncer «la politique-spectacle»: «On savait qu'ils allaient être libérés, a expliqué Marine Le Pen, vice-présidente du FN, dans le «Grand jury RTL-Le Figaro-LCI». Je pense qu'il y est allé parce qu'il est dans la politique-spectacle. Chaque élément est un moyen pour lui de se faire de la publicité, un écran de fumée en quelque sorte, qui permet de faire oublier aux Français qu'il n'a rien fait depuis six mois qu'il est élu président de la République.»

Il y a bien un homme de gauche qui est venu au secours de Nicolas Sarkozy. «C'est son tempérament. Il faut s'habituer à cette dynamique, a justifié Bernard Kouchner, qui n’accompagnait pas Nicolas Sarkozy à N’Djamena. C'est un homme qui aime prendre des risques, j'aime bien ça.»