«Cécilia à Tripoli, Nicolas à N'Djamena»

REVUE PRESSE Réjouissance et interrogations de la presse française...

P. K. (avec AFP)

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Le chef du gouvernement espagnol José Luis Rodriguez Zapatero et le ministre des Affaires étrangères Miguel Angel Moratinos ont accueilli au pied de l'avion M. Sarkozy et les quatre hôtesses de l'air à l'aéroport militaire de Torrejon, près de Madrid.
Le chef du gouvernement espagnol José Luis Rodriguez Zapatero et le ministre des Affaires étrangères Miguel Angel Moratinos ont accueilli au pied de l'avion M. Sarkozy et les quatre hôtesses de l'air à l'aéroport militaire de Torrejon, près de Madrid. — Javier Soriano AFP

Pas de grincheux, la presse française se réjouit unanimement de la libération des journalistes et des hôtesses. Yves Thréard, éditorialiste «au Figaro», félicite Nicolas Sarkozy: «Rama Yade, secrétaire d'État aux Droits de l'homme, sonne le glas des méthodes de "l'Afrique à papa" à l'Assemblée nationale. Le chef de l'État va lui-même au-devant du président Déby, démocrate peu réputé, pour plaider la cause de ses ressortissants».

Mais ce petit dimanche à N’Djamena, n’est pas encore une fois de la politique spectacle? Didier Pourquery répond pour Nicolas Sarkozy dans «Libération»: «"On me reproche ça, mais qu'est-ce que j'aurais entendu si je ne l'avais pas fait."» Il souligne que Nicolas Sarkozy s'est rendu «au Tchad pour y chercher des journalistes qui de toute façon allaient être libérés».

«Moins pressé de négocier avec les salariés»

Pour Patrick Apel-Muller dans «L'Humanité», «Nicolas Sarkozy pense effacer l'attitude calamiteuse des pouvoirs publics devant l'entreprise Zoé en faisant le voyage de N'Djamena». L’éditorialiste du quotidien communiste remarque que le Président «est moins pressé de négocier avec les salariés qui vont se mobiliser dans les semaines prochaines».

Difficile de ne pas faire le rapprochement avec la libération des infirmières bulgares. «Encore une fois, Nicolas Sarkozy n'a eu besoin de personne. Pas même de Cécilia», ironise Jacques Camus dans «La République du Centre».

«Sarko-Zorro»

«Cécilia à Tripoli, Nicolas à N'Djamena» pour Alexandre Morel de «La Montagne», «c'est la même chose: la mise en scène d'un retour de détenus qui, tant en Libye qu'au Tchad, était pourtant déjà acquis.»

De quoi «regretter qu'un Français n'ait pas été pris en otage par les militaires birmans» pour François Rosso dans «Nice-Matin». «Quelques bonzes auraient pu y gagner quelques années de vie, grâce à Sarko-Zorro».

«Pour gagner plus, il faut travailler plus»

Sarkozy en fait-il trop? Pas pour Frank De Bondt caustique dans «Sud Ouest»: «s'appliquant à lui-même le principe, érigé en leitmotiv de sa campagne victorieuse, selon lequel pour gagner plus, il faut travailler plus, Nicolas Sarkozy, qui vient d'obtenir une belle réévaluation de son salaire de président de la République, n'hésite pas à travailler le dimanche».