Grève des marins-pêcheurs: «Si Barnier n'est pas là lundi, je ne réponds plus de rien»

SOCIAL Ils protestent contre la hausse du prix du gazole...

avec AFP

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Grève des marins pêcheurs à Saint-Guénolé (Finistère) contre la hausse du prix du fuel, le 2 novembre 2007
Grève des marins pêcheurs à Saint-Guénolé (Finistère) contre la hausse du prix du fuel, le 2 novembre 2007 — REUTERS/Mal Langsdon

Ils exigent une réponse. Les marins-pêcheurs en grève du sud-Finistère ont réclamé lors d'une journée d'action vendredi la venue du ministre de l'Agriculture Michel Barnier pour évoquer le problème de l'envolée des prix du gazole, sous peine de durcir leur mouvement. «Si lundi Michel Barnier n'est pas présent je ne réponds plus de rien», a déclaré Robert Bouguéon, président du comité des pêches du Guilvinec, lors d'une manifestation des grévistes près de Pont L'Abbé.

Les marins-pêcheurs de la région du Guilvinec, où la quasi totalité de bateaux sont revenus à quai vendredi, ont adressé une lettre au ministre pour lui demander de «rencontrer les représentants du comité de crise (ndlr: formé par les pêcheurs) dès lundi à la préfecture du Finistère». Les pêcheurs réclament un «système souple de répercussion de l'augmentation du coût du gazole dans le prix du poisson», précise la lettre soulignant «l'urgence» de traiter cette question dont dépend «la survie de toute la pêche française». Pour marquer leur détermination, plusieurs centaines de grévistes ont incendié vendredi après-midi un bateau utilisé comme ornement près de la maison du tourisme de Pont-Labbé, une action spectaculaire «symbolique d'une pêche bigoudène et française prête à tomber», selon Philippe Le Moigne, porte-parole du comité de crise.

«Travailler plus pour gagner moins»

Cette image forte «montre que les gens sont mobilisés, car les prix du carburant ne feront qu'augmenter. On sait que certains ne repartiront pas en mer», a souligné de son coté Patrice Donnart, marin-pêcheur. Dans l'après-midi au Guilvinec, les marins-pêcheurs, souvent accompagnés de femems et enfants, ont accroché des banderoles sur les bateaux où l'on pouvait lire «Gazole cher, travailler plus pour gagner moins» ou bien encore «May Day May Day, nous coulons». «Nous passerons à une phase active de revendication si demain nous n'avons rien», a prévenu Philippe Le Moigne.

Une réunion avec d'autres comités des pêches d'autres régions est programmée samedi matin à Lorient, ainsi que des opérations escargot sur la nationale Brest-Quimper et Quimper-Lorient.