Bondy : polémique sur l’origine de l’explosion

ENQUETE Selon le procureur, le plan des travaux n’indiquait aucune canalisation de gaz. GDF ne veut pas «faire de commentaires»...

20 Minutes avec AFP
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AFPTV

Au lendemain de l’explosion qui a fait un mort et 52 blessés, dont dix graves, à Bondy (Seine-Saint-Denis) mardi, l’enquête sur l’origine du drame crée déjà la polémique. Selon le procureur de Bobigny, les travaux de creusement qui pourraient avoir causé l’explosion mortelle devaient se faire sur une profondeur de 60 cm. Or, le plan de ces travaux n'indiquait pas de canalisation à cette profondeur.


«Aucune grille jaune»


De fait, «le conducteur» de la pelleteuse «s'est dit très surpris de trouver cette canalisation dans l'espace dans lequel il devait creuser», a expliqué François Molins. Selon ce dernier, ce conducteur a indiqué «qu'aucune grille jaune signalant la présence de la canalisation ne se trouvait au-dessus de celle-ci».


Les investigations vont devoir reprendre l'historique de toutes les réfections de la voirie à cet endroit pour expliquer ce décalage entre la réalité et le contenu des plans, a expliqué le procureur, précisant que cette enquête portait aussi sur les conditions de l'explosion qui aurait eu lieu environ un quart d'heure après le début de la fuite, d'après certains témoignages.


D'autres témoignages font état d'odeur de gaz bien plus tôt, en fin de matinée. L'avocat de l'entreprise de travaux publics s'est pour sa part étonné mercredi que GDF ait tardé, selon lui, à couper le gaz dans le secteur, en affirmant que le conducteur de l'engin n'avait «pas commis d'erreur». «Il est clair que, vu la nature de la fuite, la seule manière de sécuriser le site, c'était de couper le gaz», a déclaré Philippe Goossens sur Europe 1, en affirmant que l'entreprise de travaux Bourgeois avait «averti Gaz de France» immédiatement.


«Le gaz n’était pas coupé»


«J'observe que deux heures après (l'explosion), le gaz n'était manifestement pas coupé», a-t-il déclaré. «Pourquoi?», a interrogé l'avocat. Concernant le conducteur de travaux, il a assuré que c'était «un grand professionnel». «Il n'a pas commis d'erreur, ni d'imprudence particulière qui ne serait pas dans les règles de l'art», a-t-il assuré.


GDF s'est refusé jeudi à faire un quelconque «commentaire sur une enquête en cours».