Courrier: le prix du timbre va encore augmenter

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Le prix du timbre rouge va passer de 80 à 85 centimes au 1er janvier 2017
Le prix du timbre rouge va passer de 80 à 85 centimes au 1er janvier 2017 — ERIC PIERMONT AFP

La Poste a annoncé vendredi que les tarifs du courrier augmenteraient encore l'an prochain, de 3,1% en moyenne au 1er janvier 2017, afin de compenser la spectaculaire chute des volumes engendrée par l'utilisation toujours plus intensive des communications électroniques.

Cette hausse des prix n'est pas une surprise, puisque les tarifs de La Poste sont encadrés par l'Autorité de régulation des communications électroniques et des postes (Arcep). Celle-ci a approuvé en juillet 2014 un dispositif sur quatre ans qui prévoit grosso modo une augmentation annuelle moyenne des tarifs du service universel de 3,5 points au-dessus de l'inflation, de 2015 à 2018.

Le régulateur s'intéresse au service universel, c'est-à-dire les offres de base de la Poste dont les tarifs ont augmenté de 7,8% en 2015 et 3,8% en 2016, et qui devraient monter de 3,3% l'an prochain. Leur hausse ne pourra donc pas dépasser 1,4% en 2018, hors activation éventuelle de clauses d'ajustement, selon l'Arcep.

La Poste, elle, communique sur l'ensemble des envois postaux, dont les prix augmentent un peu moins vite (+3,6% tout de même en moyenne cette année, après une hausse record de 7% en 2015). Mais l'évolution est la même.

"On avait le droit de consommer jusqu'à 50% de la hausse cumulée la première année, ce qu'on a fait. Puis 20% la deuxième année, ce qu'on a fait, et 20% la troisième, ce qu'on a fait, donc il nous reste 10%" d'augmentation possible (et probable) en 2018, a détaillé à l'AFP Arnaud Tomasi, chargé de la politique tarifaire courrier-colis à La Poste.

Dans le détail, le prix du timbre vert -pour un pli distribué en 48 heures en France métropolitaine- passera l'an prochain de 70 à 73 centimes (+4,3%) tandis que celui de la lettre prioritaire à timbre rouge -théoriquement distribuée le lendemain- grimpera de 80 à 85 centimes (+6,25%).

La Poste souligne que l'"avantage tarifaire", soit l'écart de prix entre les timbres vert et rouge, va passer de 10 à 12 centimes, et relève qu'une lettre "verte" restera moins chère que la moyenne européenne des envois économiques (75 centimes).

- Des facteurs sans lettres -

"Le J+1 (la lettre prioritaire distribuée le lendemain du dépôt, ndlr) est un vrai premium. Le J+1 nécessite pour partie d'être trié la nuit. C'est un processus qui apporte un avantage supplémentaire à nous clients parce qu'il est rapide, mais il comporte des coûts plus importants. C'est pour ça qu'il y a une différence tarifaire" entre les deux, a expliqué M. Tomasi.

Et dans les deux cas, "on maintient pour nos clients qui décident d'acheter leurs timbres en ligne une remise tarifaire de 2 centimes", a-t-il remarqué.

Quant à l'"Ecopli", au timbre gris -formule la moins chère pour un envoi en quatre jours en moyenne-, il va augmenter de 68 à 71 centimes (+4,4%).

Les tarifs des colis postaux classiques (Colissimo) jusqu'à 2 kg, qui avaient baissé cette année, resteront inchangés en 2017. "On souhaite accompagner le développement de l'e-commerce", a noté M. Tomasi, alors que les paquets sont l'un des vecteurs de croissance du groupe public.

Les ménages français dépensant en moyenne environ 45 euros par an en produits postaux, l'impact de la hausse des tarifs sera l'an prochain limité à moins de 2 euros par an et par ménage, a souligné la Poste, pour qui elle s'explique par la nécessité d'"assurer la pérennité du service universel dans un contexte de baisse des volumes du courrier".

Si le courrier traditionnel représentait encore au premier semestre 42% des revenus de La Poste, les volumes transportés sont en effet de plus en plus réduits, diminuant de 5 à 7% par an ces derniers temps. Car les Français s'envoient toujours plus d'e-mails et de textos, de même qu'ils paient leurs factures en ligne.

"Il faut imaginer les postiers sans lettre un jour", s'en est ému le président du groupe Philippe Wahl, interrogé en novembre par des sénateurs.

Il entend réagir, afin de rester implanté sur le territoire sans accumuler les déficits: La Poste développe donc ses activités bancaires, propose de plus en plus de services à la personne pour rendre ses facteurs indispensables, met l'accent sur les colis... et augmente les prix des timbres.