Escroquerie "au rétroviseur": préjudice estimé à 90.000 euros

© 2016 AFP

— 

Un jeune homme a été condamné mercredi à Versailles à huit mois d'emprisonnement avec sursis pour avoir enterré sa chienne vivante, sa laisse lestée de pierres, en 2015, dans les Yvelines
Un jeune homme a été condamné mercredi à Versailles à huit mois d'emprisonnement avec sursis pour avoir enterré sa chienne vivante, sa laisse lestée de pierres, en 2015, dans les Yvelines — Franck Fife AFP

Des individus qui ont réussi à convaincre des personnes âgées de mettre la main au portefeuille pour avoir prétendument endommagé leur rétroviseur ont causé au total un préjudice d'au moins 90.000 euros, a indiqué vendredi à l'AFP le procureur de la République d'Angers.

"Nous avons élucidé 111 dossiers sur 300 connus par an sur tout le territoire dans le cadre de l'enquête diligentée par le SRPJ d'Angers. Le préjudice est estimé à 90.000 euros et je pense que nous ne connaissons qu'une toute partie de l'iceberg", a déclaré à l'AFP Yves Gambert.

"Deux individus interpellés le 30 avril ont déjà été mis en examen et placés en détention et je vais demander cet après-midi que les deux autres personnes interpellées cette semaine à Lyon avec 6.500 euros en liquide soient également mises en examen", a-t-il précisé.

Le mode opératoire est selon lui parfaitement huilé. Les escrocs, qui visent généralement une personne âgée, simulent un accident de la circulation, interpellent leur victime en lui disant qu'elle a heurté le rétroviseur de leur voiture sans s'en apercevoir, et lui montrent un rétroviseur cassé.

Ils tentent ensuite de la convaincre que la meilleure solution est de régler l'affaire à l'amiable, expliquant qu'une déclaration à l'assurance lui coûterait beaucoup plus cher.

"Ils peuvent même lui faire peur en lui disant qu'elle a parcouru quelques centaines de mètres en voiture depuis l'endroit où a eu lieu le prétendu accident et qu'elle a commis un délit de fuite", poursuit Yves Gambert.

Une fois la victime convaincue, ils l'accompagnent jusqu'au distributeur automatique de billets et se font remettre des sommes allant de 100 à 3.000 euros. Ce sont les caméras de surveillance des banques qui ont permis d'identifier les mis en cause.

Toutes les régions françaises sont concernées, selon le procureur d'Angers, qui précise que la bande concernée est originaire de Perpignan.