15 à 25 ans de réclusion pour le trio derrière le meurtre d'un entrepreneur avignonnais

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Photo prise le 10 décembre 2004 au palais de justice de Paris de l'inscription latine "Justitia" sur le dallage de la salle des Pas perdus
Photo prise le 10 décembre 2004 au palais de justice de Paris de l'inscription latine "Justitia" sur le dallage de la salle des Pas perdus — Jacques Demarthon AFP

L'ex-infirmière avait commandité le meurtre de son mari, son fils avait servi d'intermédiaire et un ami était passé à l'acte: le trio a été condamné mardi par la cour d'assises des Bouches-du-Rhône à des peines allant de 15 ans à 25 ans de réclusion criminelle.

Roseline Painchault, 62 ans, a reconnu avoir commandité le meurtre de son mari Christophe Lejard, un entrepreneur avignonnais tué le 24 novembre 2010 d’un tir de fusil de chasse, à la sortie de son mas à Rognonas (Bouches-du-Rhône).

Elle a été condamnée à 25 ans de réclusion pour complicité d'assassinat. Une peine de 30 ans de réclusion avait été requise contre l’accusée, décrite par l’avocate générale comme une veuve noire uniquement motivée par l’argent, cherchant à éviter à tout prix un partage du patrimoine qu’aurait provoqué le divorce demandé par son époux.

Les jurés ont infligé 20 ans de réclusion à Christopher Munsch, 31 ans, venu de l’Orne pour exécuter ce contrat rémunéré 15.000 euros, et 15 ans de réclusion à Arnaud Privat, 39 ans, fils d'une première union de Roseline Painchault et meilleur ami de Christopher Munsch, pour avoir joué un rôle d’intermédiaire entre sa mère et ce «frère de sang».

L’accusation avait réclamé 25 ans de réclusion contre Christopher Munsch et 20 années contre Arnaud Privat.

Les avocats de Roseline Painchault, Jean-Robert N'Guyen Phung et Denis Fayolle, ont combattu le mobile financier développé par l’accusation. Selon Me Fayolle, «cette affaire est une issue tragique pour une femme qui n’a pas accepté que l’homme qu’elle a aimé toute sa vie l'abandonne».

Roseline Painchault a également été reconnue coupable d’escroquerie au préjudice d’une caisse de retraite qui avait versé un capital décès de 188.000 euros et d’avoir fait, à des codétenues, des promesses de rémunération en vue de faire tuer Christopher Munsch dans sa prison. «L’argent n’a pas été le moteur de l’acte criminel», commis par Christopher Munsch, selon son défenseur Me Bruno Rebstock. Christopher Munsch a toujours affirmé s’être «dévoué» pour commettre le meurtre de Christophe Lejard «par amour» pour Arnaud Privat qu’il voyait «démoli» par les appels de Roseline Painchault en quête d’un tueur auprès de son fils. Un crime passionnel et non pas crapuleux, c’était aussi le sens de la défense d’Arnaud Privat, «élevé comme un pitbull» par Roseline Painchault.. Une quatrième accusée, Sylvie Colomer, jugée pour recel d’escroquerie, a été condamnée à cinq ans de prison. En détention, Roseline Painchault avait remis toutes ses économies - environ 315.000 euros - à cette codétenue, afin de priver les parties civiles de tout dédommagement.