Référendum Notre-Dame-des-Landes: les occupants illégaux devront partir «quel que soit le résultat»

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Le Premier ministre Manuel Valls à Caen, le 13 juin 2016
Le Premier ministre Manuel Valls à Caen, le 13 juin 2016 — CHARLY TRIBALLEAU AFP

Les personnes, zadistes et habitants historiques expulsables, qui occupent «illégalement» les terrains dédiés au transfert de l'aéroport de Nantes sur le site de Notre-Dame-des-Landes (Loire-Atlantique) devront quitter les lieux «quel que soit le résultat» du référendum local de dimanche, a prévenu Manuel Valls.

«Si le non l'emporte, le projet sera abandonné. Si le oui l'emporte dimanche, le projet sera engagé. Et je veux également rappeler que quel que soit le résultat, les personnes qui occupent illégalement des propriétés devront partir», a déclaré le Premier ministre lors de la séance des questions au gouvernement à l'Assemblée nationale, à cinq jours du scrutin.

«L'Etat de droit s'applique à Notre-Dame-des-Landes comme partout ailleurs dans le pays», a-t-il soutenu, souhaitant par ailleurs «la participation la plus élevée possible».

Le 26 juin, 967.500 électeurs de Loire-Atlantique sont invités à répondre à la question: «Êtes-vous favorable au projet de transfert de l'aéroport de Nantes-Atlantique sur la commune de Notre-Dame-des-Landes?»

François Hollande, le 19 février sur France Inter, avait déjà promis que la consultation, qui n'a que valeur d'avis, serait suivie d'effet. «Si les personnes consultées répondent oui, il faut faire l'aéroport, il sera fait. Si elles répondent non, il ne sera pas fait», avait-il assuré.

Entre 100 et 150 personnes sont installées dans des cabanes construites sur place ou des fermes désaffectées depuis la montée en puissance de la contestation après la première tentative d'expulsion massive en 2012. A ces «zadistes» (mot tiré de l'acronyme de «zone d'aménagement différé» rebaptisé par les opposants «zone à défendre»), s'ajoutent également les «historiques», à savoir onze familles et quatre exploitants agricoles historiques vivant toujours sur le site.

Dans un premier temps protégés des expulsions, ils sont devenus expulsables depuis une décision de justice de janvier dernier.

Une possible expulsion par la force des personnes occupant le site nécessiterait des milliers de membres des forces de l'ordre, déjà considérablement mobilisées par les opérations anti-attentats et plus de trois mois de mobilisation sociale contre le projet de loi travail.

En 2012, lors de la première tentative d'expulsion, quelque 1.500 gendarmes et CRS avaient été mobilisés.