Cécila Sarkozy ne sera pas entendue

FRANCE Pierre Moscovici ne veut pas d'une commission Cécila...

— 

En France, le rôle inhabituel joué par l'épouse du président, qui s'est rendue deux fois à Tripoli avant de ramener les détenus bulgares dans l'avion présidentiel avec la commissaire européenne, a suscité de nombreuses critiques.
En France, le rôle inhabituel joué par l'épouse du président, qui s'est rendue deux fois à Tripoli avant de ramener les détenus bulgares dans l'avion présidentiel avec la commissaire européenne, a suscité de nombreuses critiques. — Dimitar Dilkoff AFP/Archives

"La commission (d'enquête parlementaire sur la libération des soignants bulgares en Libye, ndlr) ne doit pas être une commission Cécilia", a déclaré dimanche Pierre Moscovici, député socialiste qui devrait présider la commission. Pour lui, l'implication de l'épouse du président est "une affaire parfaitement secondaire". "Je ne la contraindrai pas à faire des choses qu'elle refuserait", a-t-il ajouté.

"Mme Sarkozy a des choses à dire. Elle les dit à l'«Est Républicain» (auquel Mme Sarkozy a donné une interview, ndlr). Qu'elle vienne les dire devant la représentation nationale. Mais qu'on n’en fasse pas une affaire. Si elle ne veut pas venir les dire, elle ne viendra pas les dire. Mais elle en portera, et le président de la République avec elle, la responsabilité", a souligné Pierre Moscovici.

L'Elysée a exclu, au nom de la "séparation des pouvoirs" l'audition de Mme Sarkozy, réclamée notamment par la gauche. Nicolas Sarkozy a, quant à lui, loué le travail "remarquable" de sa femme.

Parmi les témoins à entendre, figurent Claude Guéant, secrétaire général de l'Elysée qui a également fait le voyage de Tripoli, la commissaire européenne aux Relations extérieures, Benita Ferrero-Waldner et Seif Al-Islam, fils du dirigeant libyen Mouammar Kadhafi, qui a "joué un rôle", a dit encore Pierre Moscovici.

L'enquête devra aborder trois questions. "Dans quelles conditions ces infirmières ont-elles été libérées, éclairer ce qui a été le rôle de l'Union Européenne, ce qui a été le rôle de la France, ce qui a été le rôle d'autres acteurs, par exemple le Qatar", a dit Moscovici. "Y a-t-il eu contreparties, et ces contreparties sont-elles légitimes?" et "quelle est la nature de nos relations avec la Libye, quel est le degré de confiance que nous devons avoir dans ce régime?".

Pierre Moscovici a dit regretter qu'on "oublie" que la détention des infirmières s'apparentait selon lui à une "prise d'otage". "Je trouve ça extrêmement immoral de tresser des lauriers à celui qui a pris des otages parce qu'il les a libérés", a déclaré le responsable socialiste, soulignant que "ça ne veut pas dire qu'on ne devait pas faire tous les efforts nécessaires pour la libération des infirmières".