Le Havre: grève reconduite aux terminaux pétroliers, Valls exige un service minimum

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Des syndicalistes de la CGT CIM annoncent à la presse la reconduite de la grève au Havre le 27 mai 2016
Des syndicalistes de la CGT CIM annoncent à la presse la reconduite de la grève au Havre le 27 mai 2016 — CHARLY TRIBALLEAU AFP

Le mouvement de grève à la Compagnie Industrielle Maritime (CIM) du Havre (Seine-Maritime), qui a coupé depuis mardi l'alimentation en pétrole des aéroports parisiens et de trois raffineries, a été reconduit vendredi pour 72H00, a annoncé la CGT.

Mais sur une injonction du Premier ministre Manuel Valls auprès de la direction de cette société, chargée des terminaux pétroliers du port du Havre et du cap d'Antifer, un approvisionnement limité pourra avoir lieu.

«Aujourd'hui (vendredi), à midi, deux pompages ont été demandés sur injonction de Manuel Valls», a déclaré à la presse Franck Barbay, secrétaire du comité central d'entreprise de la CIM.

Deux bacs, sur une centaine, feront l'objet de pompages opérés par des cadres non grévistes: un bac de kérosène pour Roissy et Orly, et un bac de brut destiné à la raffinerie ExxonMobil de Port-Jérôme, la deuxième de France et une des deux sur un total de huit en France qui fonctionnent encore normalement.

Selon la CGT, les pompages de ces deux bacs ne peuvent assurer à leur destinataire qu'une autonomie de quatre à cinq jours.

Voté à 95% lundi, enclenché mardi soir, le mouvement de grève a été reconduit jusqu'à lundi midi par un vote de 85% parmi les 150 salariés présents à l'assemblée générale, selon la CGT, unique syndicat de l'entreprise .

La CIM, société peu connue mais d'un intérêt stratégique primordial, dont le siège est à Paris, compte 284 salariés au total.

Elle avait connu une grève en 2010, dans le cadre d'un mouvement social contre la réforme des retraites, sous la présidence de Nicolas Sarkozy.

Le directeur du site havrais Bruno Outil, qui ne s'exprime pas devant les médias, était déjà en place en 2010.

La direction de la CIM avait reçu à l'époque une injonction du directeur général de l’Énergie pour que les terminaux reprennent leur activité.

La préfecture du département avait déjà prévenu que la CIM était d'un «intérêt vital» et qu'elle devait poursuivre son activité.

«Ils vont voter à midi, on va les laisser s'exprimer et ensuite on demandera à la CIM de continuer par tous les moyens de fonctionner», avait affirmé à l'AFP avant le vote la préfète de Normandie et de Seine-Maritime, Nicole Klein.

Par des oléoducs les terminaux opérés par la CIM alimentent en brut les raffineries Total de Gonfreville-l'Orcher dans la zone portuaire et de Grands-Puits en Seine-et-Marne, actuellement à l'arrêt, et la raffinerie ExxonMobil de Port-Jérôme-Gravenchon qui fonctionne normalement.

Ils alimentent aussi en kérosène les aéroports de Roissy et d'Orly.

On ignore si les tankers, dont certains sont en rade au large du Havre, pourront livrer leur pétrole. «Aucun bateau ne s'approchera des dépôts», a affirmé un autre délégué CGT, Mathias Jeanne.

Quelque 40% du brut importé en France transitent par les terminaux de la CIM.