«Une évolution vers l’agriculture durable»

ALIMENTATION Le ministre dévoile, en avant-première, son ambition en faveur du bio...

Recueilli par Angeline Benoit

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Le ministre de l'Agriculture Michel Barnier a estimé lundi sur Europe 1 que la situation était "très grave" aux Antilles, où l'utilisation massive de pesticides dans l'agriculture a conduit à un "désastre sanitaire", selon un rapport qui doit être rendu public mardi.
Le ministre de l'Agriculture Michel Barnier a estimé lundi sur Europe 1 que la situation était "très grave" aux Antilles, où l'utilisation massive de pesticides dans l'agriculture a conduit à un "désastre sanitaire", selon un rapport qui doit être rendu public mardi. — Jean-Sebastien Evrard AFP/Archives
Michel Barnier, ministre de l’Agriculture. Pour «20 Minutes», il dévoile en avant-première son ambition en faveur du bio.

Quel objectif pour l’agriculture biologique présentez-vous aujourd’hui?

Je vais proposer, lors des Assises nationales de l’agriculture biologique, le doublement des surfaces cultivées pour atteindre 1 million d’hectares en 2012. Aujourd’hui, la France importe ces produits pour satisfaire l’offre. C’est un enjeu économique, écologique et social.

Le groupe du Grenelle de l’environnement espérait 50% de plus dès 2010!

Je suis pour un engagement ambitieux mais réaliste. La France est à la traîne de l’Union européenne avec seulement 2 % de surfaces agricoles en bio.

Quelles sont les mesures concrètes de ce plan?

Le budget pour la recherche double pour atteindre dix millions d’euros sur cinq ans, et trois millions par an seront consacrés à l’organisation de la filière. Un effort indispensable pour que les produits trouvent preneur. Les ventes passent actuellement à 60 % par les réseaux spécialisés et la vente directe.

Et les producteurs?

Le crédit d’impôt de 2.000 euros pourrait être revalorisé en 2009. De toute façon, un effort massif et brutal ne pourrait pas être absorbé.

C’est une remise en cause du modèle français?

Une évolution, plutôt, vers une agriculture durable. On ne bascule pas d’un coup un secteur qui génère 1,5 million d’emplois.

Allez-vous autoriser la culture de plantes transgéniques à d’autres fins que la recherche?

La décision n’est pas prise.

Réduirez-vous l’utilisation des pesticides?

Nous irons dans le sens d’une réduction de la consommation d’eau et de produits phytosanitaires. Mais cela ne sert à rien de fixer aux agriculteurs français des objectifs qu’ils ne s’approprient pas.

Soutenez-vous toujours la production massive à l’exportation et le développement des biocarburants?

La France doit maintenir sans complexe sa force dans ce domaine. Je suis favorable à une agriculture productive – pas productiviste – car le monde a faim et il y a des centaines de milliers d’emplois derrière.