Six mois ferme pour un propriétaire de rottweiler

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Le projet de loi sur les chiens dangereux, transmis vendredi au conseil d'Etat et devant être voté avant la fin de l'année au Parlement, renforce considérablement les obligations et la répression des propriétaires à la moindre morsure.
Le projet de loi sur les chiens dangereux, transmis vendredi au conseil d'Etat et devant être voté avant la fin de l'année au Parlement, renforce considérablement les obligations et la répression des propriétaires à la moindre morsure. — AFP/AFPTV/Archives

Un homme de 46 ans a été condamné lundi à 18 mois d'emprisonnement, dont 6 mois ferme, par le tribunal correctionnel de Nancy pour avoir poussé dimanche son rottweiler à mordre sa voisine, avec qui il était en conflit.

L'incident est survenu alors que la victime venait en découdre avec la compagne de l'agresseur, qui depuis deux jours la harcelait par téléphone pour «des histoires de rumeur», ont expliqué les deux parties.

L’ordre d’attaquer

L'homme, qui était à 2,30 g d'alcool par litre de sang après avoir bu une bouteille de whisky et quelques bières avec sa concubine, a donné à «trois reprises l'ordre d'attaquer» à son chien, a raconté la plaignante, éplorée.

La victime a été mordue au mollet, au genou, ainsi qu'à l'aine. Mais ces lésions, superficielles, n'ont pas provoqué d'interruption temporaire de travail.

Les deux femmes «criaient», «la chienne m'a échappé, elle est partie toute seule», s'est défendu le propriétaire de l'animal, qui avait déjà été condamné en 2004 pour des faits identiques à 15 jours de prison.

Animal non déclaré

Le rottweiler, prénommé «Cannabis», pèse environ 65 kg et ne portait pas de muselière «parce qu'elle l'avait mangée», a en outre expliqué l'agresseur, un travailleur du BTP, qui dit «ne pas avoir eu le temps d'en racheter une autre».

L'animal n'avait pas été déclaré aux autorités. Il n'était pas assuré, ni vacciné, a souligné la vice-procureur de Nancy, Philippe Nativel, qui a requis 18 mois de prison, dont au moins un an ferme, «au regard du danger que le propriétaire a fait courir» à la victime.

La cour a finalement condamné l'agresseur à six mois d'emprisonnement ferme, et douze avec sursis et mise à l'épreuve, ainsi qu'à 350 euros d'amende pour omission de déclaration, défaut d'assurance et défaut de vaccin.