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ATTENTATS

«Je veux que Rachid Ramda parle enfin»

Le père d'une victime de l'attentat de Saint-Michel se confie à 20minutes.fr…

Richard Girier-Dufornier a vu sa vie basculer le 25 juillet 1995. Sa fille, Sandrine, âgée de 24 ans et qui «se lançait dans la mode», a eu le malheur d'être assise dans le wagon 6 du RER B vers 17h30 lorsque le train est entré dans la gare Saint-Michel. Elle en est morte. Si ce capitaine de police aujourd'hui à la retraite n'a jamais raté une minute d'audience des longs procès liés aux attentats islamistes de 1995, c'est qu'il «veut savoir pourquoi». «Je veux que Rachid Ramda parle enfin».

Présent, donc, à l'ouverture du procès du financier présumé du GIA, il entend interpeller directement le terroriste lorsqu'il témoignera à la barre. «Je ne veux pas d'excuses, je veux juste des explications», glisse l'homme cravaté qui dit «ne toujours pas avoir fait son deuil». Selon lui, ses propres parents sont morts de chagrin dans l'année qui a suivi le décès de Sandrine. «Qui a fait cela? Ramda n'a pas pu agir seul ni Djamel Zeitouni, le chef du GIA en Algérie, vu les sommes d'argent qu'ils ont utilisées», se demande celui qui n'exclut pas, au regard de l'acte d'accusation, «un coup du gouvernement algérien».

En veut-il aux parents du terroriste, attendus durant le procès comme témoins à décharge? «Non, je les respecte». Mais en veut tout de même à Rachid Ramda qui «fait venir son père et sa mère maintenant alors qu'il ne leur avait pas dit ce qu'il préparait».

«Des barbares comme Ramda jette le discrédit sur l'ensemble des musulmans», regrette-t-il. Déterminé à voir Ramda condamné, il n'a qu'une crainte: qu'il n'accomplisse pas sa peine jusqu'au bout, «comme Nathalie Ménigon», l'ancienne militante d'extrême gauche qui bénéficie d'un régime de semi-liberté. Car «la tristesse, elle est là, mais la colère aussi».