Douze après, le procès du financier présumé des attentats de 1995

JUSTICE La première journée a été consacrée au long énoncé des charges…

Alexandre Sulzer

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Le procès de Rachid Ramda, un islamiste algérien de 38 ans accusé de complicité dans trois des attentats de 1995 à Paris, dont celui très meurtrier de la station de métro Saint-Michel, s'est ouvert lundi matin devant la cour d'assises spéciale de la capitale.
Le procès de Rachid Ramda, un islamiste algérien de 38 ans accusé de complicité dans trois des attentats de 1995 à Paris, dont celui très meurtrier de la station de métro Saint-Michel, s'est ouvert lundi matin devant la cour d'assises spéciale de la capitale. — Benoît Peyrucq AFP

Barbe bien taillée, cheveux courts, costume sombre sur chemise blanche, le financier présumé de la vague d'attentats islamistes en France de 1995 a comparu lundi devant la cour d'assises de Paris. La première journée de ce procès prévu pour durer un mois a été consacrée à l'énoncé des charges. L'algérien Rachid Ramda est resté impassible lorsque le greffier a lu la longue liste des 235 victimes, mortes ou blessées, des attentats. Impassible derrière une vitre blindée, il n'a pas regardé les parties civiles, assises devant lui, et a posé un regard fixe sur l'ensemble des douze magistrats chargés de le juger.

Une défense qui ne reconnaît pas la légitimité du tribunal

En milieu de journée, lors de la suspension d'audience, les avocats de l'islamiste, maîtres Sébastien Bono et Anne-Guillaume Serre, ont contesté la légitimité du tribunal, estimant que leur client avait déjà été jugé pour les faits reprochés en mars 2006 devant un tribunal correctionnel. Ils devaient dans l'après-midi soulever une exception de procédure. Rompant avec la stratégie du mutisme observée jusqu'alors par leur client, ils ont annoncé que Rachid Ramda «exprimerait son sentiment le moment venu». Ils ont également dénoncé une «instruction à charge» car si les enquêteurs ont effectivement «retrouvé un ou deux documents portant ses empreintes digitales, ils ont aussi saisi un nombre incalculable de documents sur lesquels il n'y a pas ses empreintes».

Une confrontation prévue avec les poseurs de bombes

Les parties civiles, par la voix de Françoise Rudetzki, déléguée générale de SOS-Attentats, ont dit, eux, «attendre une explication» sur les motivations des crimes du GIA. Ceux liés à la vague d'explosions de 1995 mais aussi le détournement de l'Airbus Air France Alger-Paris en décembre 2004.

La défense et les familles des victimes devraient être appelées à la barre dès le 4 octobre. Mais le plus attendu sera, le 11 octobre, la confrontation entre Rachid Ramda et les auteurs directs des attentats, Boualem Bensaïd et Smaïn Aït Ali Belkacem, condamnés tous deux à la réclusion criminelle à perpétuité il y a cinq ans. Autre moment fort: l'audition des parents de Rachid Ramda qui se sont vus délivrer un visa spécial pour la France depuis l’Algérie.