«Le meilleur d’entre nous» dans le box

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Trois semaines de procès contre trente ans de stratégie politique. Alain Juppé, président de l’UMP, comparait, à partir d’aujourd’hui et jusqu’au 17 octobre, avec 26 autres prévenus, devant le tribunal de Nanterre. L’ancien Premier ministre est poursuivi dans l’affaire des emplois présumés fictifs de la mairie de Paris. Mis en examen pour « prise illégale d’intérêts », la justice le soupçonne d’avoir protégé, entre 1988 et 1995, le système illégal de rémunération de cadres du RPR par la mairie de Paris, alors dirigée par Jacques Chirac. A l’époque, Alain Juppé cumulait les fonctions de secrétaire général puis président du parti gaulliste, et d’adjoint aux finances à l’Hôtel de Ville. Le député-maire de Bordeaux risque cinq ans de prison avec sursis, 75 000 euros d’amende et surtout une peine d’inéligibilité. Ce qui hypothéquerait son avenir politique. Officiellement, le député-maire de Bordeaux est « serein » : il compte se présenter devant le tribunal et « se battre » pour « démontrer [sa] bonne foi ». Il avait bien tenté de gagner du temps dès 1998, lors de sa mise en examen, en déposant une requête en annulation de l’instruction. Hélas pour lui, la Cour de cassation lui avait donné tort un an plus tard. A l’UMP, le procès du chef est un sujet tabou. Personne n’en parle, mais tout le monde y pense. En cas de condamnation, Alain Juppé ne pourrait, au mieux, faire appel que courant 2004. Pile quand se terminera son mandat à la tête du parti et s’ouvrira, à droite, la course à la candidature pour la présidentielle 2007.

les dates 21 août 1998 Alain Juppé est mis en examen. 21 octobre 1998 Alain Juppé refuse de se rendre à sa première convocation. Le lendemain, il dépose une requête en annulation. 1999 La Cour de cassation valide l’instruction du juge. 2001 L’étau se resserre autour de Jacques Chirac. Mais la Cour de cassation estime que le chef de l’Etat ne peut être convoqué par un juge, ni faire l’objet d’une instruction pendant son mandat.