Agression de CRS : Trois hommes condamnés à 6 à 8 ans de prison

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L'audition d'un témoin anonyme, fait exceptionnel, vendredi devant le tribunal correctionnel d'Evry n'a pas permis de dissiper toutes les zones d'ombres entourant l'agression de deux CRS dans la cité des Tarterêts à Corbeil-Essonnes (Essonne) en septembre 2006.
L'audition d'un témoin anonyme, fait exceptionnel, vendredi devant le tribunal correctionnel d'Evry n'a pas permis de dissiper toutes les zones d'ombres entourant l'agression de deux CRS dans la cité des Tarterêts à Corbeil-Essonnes (Essonne) en septembre 2006. — Jean Ayissi AFP
Trois jeunes hommes ont été condamnés lundi à des peines de 6 à 8 ans de prison pour l'agression de deux CRS le 19 septembre 2006 dans la cité des Tarterêts à Corbeil-Essonnes (Essonne). A l'énoncé du jugement, des cris de protestation de proches des condamnés ont traversé la salle.

Syndicat policier satisfait

Des condamnations saluées par le syndicat Alliance. «Nous sommes satisfaits pour deux raisons: ce jugement envoie un signal fort à ceux qui souhaiteraient commettre, à l'avenir, des agressions sur d'autres policiers, explique Jean-Claude Belaje, secrétaire général d'Alliance. C'est également un message aux victimes qui doivent se sentir soutenues par l'Etat et la justice.»

Peines lourdes ou relaxe

Mounir Labidi a été condamné à 8 ans de prison, Bachirou Tandjigora et Mehdi Bouharel à une même peine de 6 ans. Enfin, Ahmed Aimad a été condamné à 18 mois de prison, pour des dégradations sur la voiture des policiers, et Abderazak Harem à 6 mois, pour avoir menacé lors de sa garde à vue un mineur au moment des faits, qui doit comparaître le 12 octobre devant le tribunal des enfants.

Les juges ont donc condamné en deça des réquisitions du procureur, qui demandait des peines entre 7 et 10 ans de prison.

Les avocats pour un appel

Les avocats de Labidi et Bouharel ont annoncé leur intention de faire appel. L'avocat de Labidi, Eric Plouvier, a dénoncé «un dossier scandaleusement monté sans preuves». «Les juges ne sont pas les greffiers du pouvoir exécutif», a-t-il dénoncé par téléphone à l'AFP.

Me Karine Bouden, qui défend Bouharel, a estimé que le jugement n'était «pas fondé». «Si on condamne des gens sans preuves, on est tous coupables», a déclaré Mohamed Bouharel, père de Mehdi. L'avocat de Tandjigora, Jean-Laurent Panier, a annoncé qu'il ne ferait pas appel, estimant que ce dossier était «explosif», et qu'il y avait «trop de risques à prendre».