Rachid Ramda : «Un simple musulman qui vit dans les préceptes de sa foi»

TERRORISME Le financier présumé des attentats de 1995 nie sa participation au GIA...

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L'islamiste algérien Rachid Ramda, grand absent en 2002 du premier procès de la vague terroriste de 1995 à Paris, comparaît à partir de lundi devant les assises, accusé de complicité dans trois attentats, dont celui de la station de métro Saint-Michel qui avait fait huit morts.
L'islamiste algérien Rachid Ramda, grand absent en 2002 du premier procès de la vague terroriste de 1995 à Paris, comparaît à partir de lundi devant les assises, accusé de complicité dans trois attentats, dont celui de la station de métro Saint-Michel qui avait fait huit morts. — Elisabeth Cooke AFP/Archives

Rachid Ramda comparaît lundi derrière une vitre blindée devant les assises pour complicité dans trois attentats - dont celui de la station de métro Saint-Michel qui avait fait huit morts en 1995 .

La première matinée de ce procès fleuve a été consacrée à l'énoncé de l'acte d'accusation. Rachid ramda est resté impasssible pendant l'énoncé des faits et la longu litanie des noms des 235 victimes.

Les parties civiles veulent une explication

A la sortie de l'audience,  Françoise Rudetzki, déléguée générale de SOS Attentats et partie civile, a déclaré qu'elle attendait une explication dur le financement et la logistique des attentats et sur les raisons pour lesquelles la France a été touchée.

Costume sombre, chemise blanche, barbe bien taillée, Rachid Ramda, 38 ans, était plutôt discret lors des premières minutes de son procès. Selon ses avocats, «il aura l'occasion de s'exprimer plus tard». Il est vrai qu'il avait beaucoup parlé dans le quotidien «Libération». Il n'est qu'un «simple musulman qui vit dans les préceptes de sa foi et qui veut vivre en harmonie les principes d'humanité et de justice».

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Les accusations selon lesquelles il aurait été le financier des attentats «sont aberrantes», estime-t-il. «Je n'étais pas et je ne suis pas en mesure de donner des ordres à quiconque car je ne possède aucun pouvoir sur quiconque», avance celui qui dit ne pas connaître ni Boualem Bensaïd, le chef du GIA de l'époque à Paris, ni Ait Ali Belkacem, l'artificier des attentats.

«En ce qui concerne le financier que je suis censé être, les Britanniques, assure-t-il, ont confirmé à leurs collègues français qu'aucun compte en banque n'a été identifié comme pouvant être associé à Ramda, ou aux autres noms possibles qu'il a utilisés», développe-t-il.

FIS oui, GIA non

S'il reconnaît avoir participé au parti islamiste du Front islamique du Salut (FIS) en Algérie, il nie avoir appartenu aux Groupes Islamiques Armés (GIA) car, selon lui, il était «déjà hors du pays» lorsqu'ils ont été constitués. «J'ai quitté l’Algérie en 1989 pour le Pakistan, car j’ai eu une envie irrépressible d’aller là-bas après avoir vu un documentaire à la télé en 1987, qui traitait de la situation catastrophique des réfugiés afghans, dans l’indifférence internationale», raconte-t-il, dans cet échange écrit avec le quotidien.

Il reconnaît également avoir «participé à la rédaction et à la diffusion d'El-Ansar qui soutenait tous les mouvements (algérien ou d'autre) combattant les dictatures et les tyrannies» mais nie qu'il s'agissait du bulletin clandestin du GIA à Londres.

Interrogé sur les attentats du 11 septembre 2001, il dit ne pas «avoir les capacités d'un homme libre pour donner des jugements basés sur mes propres analyses, et je ne peux considérer les informations du monde extérieur que par les analyses de ceux qui font l'information».