Le Concorde comme des petits pains

B. Colin - ©2007 20 minutes

— 

Des toilettes à 2 600 eur ou encore le mythique machmètre à 26 000 eur. A Toulouse, les prix se sont envolés lors des premiers jours de la vente aux enchères de pièces du Concorde. Entre vendredi et samedi, les acquéreurs de morceaux du supersonique ont dépensé au total 400 000 eur. « En moyenne, les prix ont dépassé de cinq fois les estimations catalogue, on n'en espérait pas tant », se félicitait hier le commissaire-priseur, Marc Labarbe.

La plupart des acquéreurs sont des collectionneurs, souvent étrangers, qui renchérissent sur une des vingt-cinq lignes de téléphone. « Quant à ceux qui ont acheté dans la salle, il est difficile de savoir qui ils sont. Certains ont volé plusieurs fois sur le Concorde pour des raisons professionnelles ou en tant que commandant de bord », souligne André Rocaché, de l'Aérothèque. Cette association collectera les bénéfices de la vente qui serviront à la construction du futur musée aéronautique de Blagnac. D'autres ont fait le déplacement, conscients de vivre une des dernières ventes de ce type. C'est le cas de Joël Moutier, membre de l'association Delta, propriétaire du quatrième exemplaire du Concorde stationné à Paris-Orly. « Le but était d'acheter des pièces pour compléter le cockpit de notre avion. Nous avons ainsi pu acquérir une boîte radio VHF, une pièce exceptionnelle, car c'était un prototype », explique ce puriste. Trois rangs au-dessus de lui, Nicolas Warinsko est venu avec ses enfants, passionnés comme lui. « C'est l'occasion de voir le fonctionnement d'une vente aux enchères. S'il n'y avait pas la contrainte financière, j'aurais aimé acheter », lâche cet employé de l'aviation civile.