L'argentier présumé du GIA à la barre

(AFP) - ©2007 20 minutes

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L'islamiste algérien Rachid Ramda, grand absent du premier procès en 2002 des attentats terroristes de 1995 à Paris, comparaît à partir d'aujourd'hui. Il est accusé de complicité dans trois attentats, dont celui de la station de métro Saint-Michel. Incarcéré en France depuis 2005 après son extradition de Grande-Bretagne, il sera jugé pendant tout le mois d'octobre par la cour d'assises spéciale de Paris, exclusivement composée de magistrats professionnels.

Rachid Ramda, âgé aujour­d'hui de 38 ans, est soupçonné d'avoir assuré, pour le compte du Groupe islamique armé (GIA) algérien, le financement de l'attentat de Saint-Michel en juillet 1995 et de ceux du Musée d'Orsay et de Maison-Blanche qui avaient fait des dizaines de blessés en octobre de la même année. L'explosion à Saint-Michel avait fait 8 morts et près de 150 blessés. Selon l'accusation, Ramda a été, depuis Londres où il résidait, « le maître d'oeuvre » d'une « centrale d'information » et d'une « structure de financement » du GIA, qui avait revendiqué les attentats. Il aurait été « l'interlocuteur privilégié » de l'émir du GIA, Djamel Zitouni, ainsi que son « principal agent de propagande » en Europe. Trois numéros de téléphone qu'il utilisait ont été retrouvés dans des documents saisis chez un des poseurs de bombe, Boualem Bensaïd, qui l'avait mis en cause lors de sa garde à vue avant de se rétracter. Interpellé le 4 novembre 1995 en Grande-Bretagne, grâce à des mandats d'arrêts français, Ramda avait été extradé vers Paris le 1er décembre 2005 au terme d'une longue bataille procédurière.