Darcos veut en finir avec la suprématie du bac S

Laure de Charette - ©2007 20 minutes

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L'ex-prof de khâgne veut changer le bac. Xavier Darcos, ministre de l'Education, reçoit aujourd'hui les représentants de l'Association des professeurs de sciences économiques et sociales (Apses). Depuis la rentrée, il s'est attaqué à trois reprises à la filière ES - dans laquelle se trouve un bachelier sur trois -, accusée d'être « sans débouché évident » ou d'attirer « beaucoup d'élèves qui occupent ensuite de grands amphis mais qui se retrouvent avec des diplômes de psychologie ou sociologie, sans toujours un emploi à la clef ». De quoi faire bondir les profs de la filière critiquée : « Ce n'est pas en tapant sur l'ES qu'il va revaloriser la filière L » s'insurge Sylvain David, président de l'Apses, qui attend de la rencontre un « diagnostic et des précisions sur les réformes envisagées ». En effet, Darcos ne cache plus son intention de s'attaquer en janvier à la hiérarchie des filières pour que la série L cesse d'être désertée par 85 % des bacheliers et la S d'être considérée comme la voie royale chargée, selon lui, « de sélectionner des élites qui ensuite vont faire du droit ou des lettres ». De fait, selon les statistiques du ministère, un quart des étudiants inscrits à la rentrée 2005 en prépa littéraire avaient décroché un bac S.

A terme, Darcos planche sur l'idée d'un bac commun, avec options. « Mais c'est grâce à la diversité des formations que les études se sont démocratisées », rétorque Sylvain David. Le dossier est en tout cas épineux : en 2005, François Fillon, alors ministre de l'Education, avait dû reculer face aux lycéens opposés à l'injection d'une dose de contrôle continu. Pas touche au bac !