Un candidat à l’adoption sur deux abandonne en chemin

SOCIETE La procédure s’avère toujours difficile en France...

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Un candidat à l'adoption sur deux parvient au bout de son projet d'adoption, selon une enquête de l'Ined, la sélection privilégiant les couples, les milieux favorisés et les personnes entre 30 et 40 ans, avec des différences entre les départements.
Un candidat à l'adoption sur deux parvient au bout de son projet d'adoption, selon une enquête de l'Ined, la sélection privilégiant les couples, les milieux favorisés et les personnes entre 30 et 40 ans, avec des différences entre les départements. — Hoang Dinh Nam AFP/Archives

Quand certains parviennent à adopter plusieurs enfants, d’autres renoncent avant même d’avoir pu en accueillir un. En France, un candidat à l’adoption sur deux en France ne va pas jusqu'au bout de la procédure, selon une étude réalisée par l'Institut national d'études démographiques qui vient d'être publiée dans la revue trimestrielle «Population».

Trois ans en moyenne pour adopter

La procédure est en effet difficilfe. «Il y a d'abord un agrément à obtenir, ce qui prend neuf mois pour ceux qui y parviennent, puis il faut encore attendre en moyenne 33 mois en France et 22 mois à l'étranger», explique Catherine Villeneuve-Gokalp, chercheur à l'Ined, qui a travaillé sur cette étude. Soit trois ans en moyenne.

Dans l'Hexagone, l'adoption est possible et elle est même gratuite, mais il n'est pas sûr que les demandeurs y arrivent en raison du nombre limité d'enfants disponibles (entre «700 ou 800 enfants chaque année contre 4.000 à l'étranger). Et comme l'agrément ne dure que cinq ans, ils risquent d'arriver à échéance sans y être parvenus.

D'autant que certains sont prioritaires, d'autres non. Ainsi, les candidats sont majoritairement des couples sans enfant, stériles, socialement et économiquement favorisés. Les services sociaux ont tendance à privilégier ces catégories au cours de la procédure d'agrément, ce qui contribue à une auto-exclusion des candidats qui anticipent une issue négative à leur demande.

Difficile d’adopter pour les célibataires

Au bout du compte, les deux tiers de ceux qui obtiennent l'agrément (environ 8.000 chaque année) finissent par adopter un enfant. «Les plus motivés vont y arriver» assure Catherine Villeneuve-Gokalp.

Neuf demandes d'adoption sur dix sont ainsi faites par des couples et une sur dix par des femmes seules. Pour ces dernières, il est souvent plus difficile d'adopter. Quant aux hommes célibataires, seuls cinq étaient candidats sur 1.856 dossiers étudiés!