Bientôt la semaine des quatre jours?

SCOLARITE En supprimant l'école le samedi matin dès 2008, le ministre Xavier Darcos rouvre la polémique...

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Un million d'enfants âgés de 7 à 17 ans ont participé à des jeux dangereux, selon un sondage TNS Healthcare Sofres réalisé pour l'association SOS Benjamin, dans lequel 12% des enfants de cet âge interrogés avouent avoir joué à un de ces 90 jeux, qui vont du jeu du foulard au happy slapping.
Un million d'enfants âgés de 7 à 17 ans ont participé à des jeux dangereux, selon un sondage TNS Healthcare Sofres réalisé pour l'association SOS Benjamin, dans lequel 12% des enfants de cet âge interrogés avouent avoir joué à un de ces 90 jeux, qui vont du jeu du foulard au happy slapping. — Olivier Morin AFP/Archives

Xavier Darcos enterre la classe du samedi matin en primaire dès la rentrée 2008. «Et j'espère ensuite que, très vite, nous pourrons étendre le dispositif au collège», a ajouté le ministre de l'Education ce jeudi soir sur TF1.

«Les trois heures» ainsi libérées seraient dédiées «à ceux qui sont en échec scolaire». Il a cité «ces 15% d'élèves qui sont en très grande difficulté scolaire, ceux qui disent "pour moi, il n'y a pas d'avenir, no future"».

Trois heures pour les enfants en difficulté

Ces heures d'accompagnement seront prises «dans l'ensemble de l'emploi du temps de la semaine, ces élèves seront pris séparément par les professeurs qui leur permettront de travailler de manière plus soutenue, plus personnelle», a-t-il détaillé, sans préciser ce que feraient les élèves ne présentant pas de difficultés pendant ces trois heures.

Semaine de quatre jours en vue

Cette suppression de l'école le samedi matin implique-t-elle une semaine scolaire de quatre jours, comme le prônent certain? «Sans aucun doute, nos élèves travaillent trop, a répondu le ministre de l'Education. Nos élèves à l'école primaire font en gros 936 heures dans l'année», alors que «la moyenne européenne est inférieure à 800 heures».

Une opinion qui va à l’encontre des positions des parents d’élèves. «Attention, on se refusera à toute réduction du nombre d'heures» de classe qui est aujourd'hui de «936 dans l'année», a averti la FCPE, qui est «contre la semaine de quatre jours» et préconise plutôt le transfert au mercredi matin.

«Ce que nous faisons, ce que le gouvernement propose, c'est ce que la plupart des pays font et je n'ai pas l'impression que les enfants soient particulièrement traumatisés», a insisté le ministre, ajoutant qu'il en discuterait avec les représentants des familles et des syndicats.

Pas de consensus

Question récurrente de la rentrée, l'aménagement de la semaine, avec ou sans samedi libre, ne fait pas consensus chez les acteurs de l'Ecole.
A la Peep, on indique que 50% des responsables sont «pour», et 50% «contre». Un sondage Opinion Way réalisé pour Le Petit Quotidien et Le nouvel Observateur, parus jeudi, avance que 80% des parents, 62% des élèves et 59% des enseignants sont «opposés» à ce qu'il y ait classe le samedi matin dans les écoles élémentaires.

Les parents opposés au samedi plaident notamment pour une «vraie coupure», se plaignant également de ce que la classe du samedi «empêche de partir en week-end» ou donne à l'enfant «un rythme décalé par rapport au reste de la famille».

De leur côté, les enseignants mettent en avant un «fort absentéisme» et les problèmes spécifiques aux enfants de parents divorcés qui voient leur week-end rogné par la classe du samedi. Au contraire, certains parents soutiennent que cela permet une meilleure répartition du travail sur la semaine et sur l'année, et que la coupure du mercredi est bénéfique pour la santé et la concentration de l'enfant.

DEBAT : Etes-vous pour ou contre l’école le samedi matin ? Quelle(s) solution(s) de substitution préconisez-vous ? Pour apporter votre contribution, cliquez ici.

Samedi matin Si «les enfants se sentent livrés à eux-mêmes» ou si les parents ont «des dispositions à prendre», le ministre envisage une «école ouverte, c'est-à-dire que l'école puisse s'ouvrir à des activités de type culturel ou de type sportif», organisées par des enseignants «volontaires».