Le Nouveau centre menace de ne pas voter le Budget

FINANCES Les réactions au projet de loi de finances sont hostiles à gauche et même au centre...

D'après AFP

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Maurice Leroy, député NC du Loir-et-Cher, a "alerté le gouvernement" jeudi à propos du projet de budget 2008, laissant planer le doute sur le vote du groupe Nouveau Centre, parti des centristes rallié au président de la République.
Maurice Leroy, député NC du Loir-et-Cher, a "alerté le gouvernement" jeudi à propos du projet de budget 2008, laissant planer le doute sur le vote du groupe Nouveau Centre, parti des centristes rallié au président de la République. — Mehdi Fedouach AFP/Archives

Le Budget 2008 ne fait pas l'unanimité, même dans les rangs de la majorité. Le député UMP Hervé Mariton, un proche de Dominique de Villepin, «souhaite qu'on puisse aller encore plus loin, parce que l'état des finances de la France justifie qu'on fasse un effort beaucoup plus intense de réduction des déficits».
    
Les députés du Nouveau centre, alliés à l'UMP, ont été plus sévères. Maurice Leroy, député NC du Loir-et-Cher, a ainsi «alerté le gouvernement», estimant qu'il s'agit d'un «budget de transition, pas de rupture». «Chez nous la marque de fabrique, c'est l'endettement. On continuera à mener ce combat» contre la dette excessive «parce que c'est un combat juste», a-t-il déclaré, avant de laisser entendre que les députés Nouveau centre pourraient ne pas approuver la loi de finances. «Il y a la liberté de vote. Il y en aura peut-être qui s'abstiendront. J'alerte le gouvernement sur le fait suivant: si nous ne réduisons pas de 4 milliards d'euros les déficits, jamais nous ne parviendrons à l'équilibre en 2012».

«Nécessairement un budget de rigueur»

De son côté, le président du Modem, François Bayrou, a jugé que le budget 2008 serait «nécessairement un budget de rigueur, qu'on l'annonce ou qu'on ne l'annonce pas». «La réalité rattrape toujours la fiction. Les illusions, ça ne tient pas: on fait beaucoup de promesses, on fait rêver les électeurs et puis le moment vient où on est obligé de faire face aux réalités».
    
Sur la défensive, Henri Guaino, conseiller spécial de Nicolas Sarkozy, a assuré jeudi sur France Inter que le «paquet fiscal» voté cet été était «nécessaire et efficace». «Soutenir l'activité, le pouvoir d'achat, c'est encore plus intelligent quand l'activité ralentit que quand la croissance bat son plein», a-t-il plaidé. «Ca fait 25 ans que la France attend des réformes, on ne peut pas demander à un gouvernement des résultats en trois mois. Si vous pensez que quand la croissance baisse et les recettes diminuent, il faut augmenter les impôts pour rétablir les équilibres, vous faites exactement le contraire de ce à quoi vous voulez parvenir. Si vous augmentez les impôts, que vous réduisez le pouvoir d'achat, que vous détruisez l'investissement vous aurez encore moins de croissance et encore plus de déficits, ça fait 25 ans qu'on fait ça», a-t-il fait valoir.

Une croissance surévaluée

A gauche, les critiques ont volé. Pour François Hollande, premier secrétaire du PS, le budget est «incohérent, insincère et inconséquent», jugeant notamment que la croissance «affichée» pour 2008, de 2,25%, sera en réalité bien inférieure. La loi de finances annonce donc, selon lui, «la prochaine promotion de l'austérité».

Didier Migaud, président PS de la commission des Finances, a également dénoncé «un projet de budget en décalage par rapport à la réalité économique du pays et des besoins de nos concitoyens». Quant à l'ancien ministre socialiste, Michel Sapin, il a prédit «un autre budget derrière, qui est en train de se préparer, celui de la rigueur, après les municipales».
    
Les députés communistes n'ont pas été en reste: Jean-Pierre Brard a fustigé «un budget qui va rendre la vie de nos concitoyens beaucoup plus difficile», tandis que Maxime Gremetz s'est indigné d'une «régression sociale sans précédent et d'une révolution conservatrice».