«On ne peut plus opposer l'écologie au développement»

ENVIRONNEMENT Jean-Louis Borloo lance le Grenelle de l'environnement...

Catherine Fournier

— 

Jean-Louis Borloo, ministre de l'Ecologie, et Nathalie Kosciusko-Morizet, secrétaire d'Etat à l'Ecologie, au lancement de la deuxième phase du Grenelle de l'Environnement le 27 septembre 2007 
Jean-Louis Borloo, ministre de l'Ecologie, et Nathalie Kosciusko-Morizet, secrétaire d'Etat à l'Ecologie, au lancement de la deuxième phase du Grenelle de l'Environnement le 27 septembre 2007  — REUTERS/Benoit Tessier
20minutes.fr a suivi en direct le lancement du Grenelle de l'environnement et l'annonce des propositions des groupes de travail.

«Aujourd'hui, nous ne faisons pas un bilan mais nous commençons quelque chose», a déclaré Nathalie Kosciusko-Morizet, secrétaire d'Etat à l'écologie à l'issue de la présentation des propositions par les groupes de travail. «Tavail qui demande maintenant à être éclairer par l'avis du public», a-t-elle ajouté en faisant allusion à la consutlation Internet qui va commencer sur www.legrenelle-environnement.fr.

«J'appelle chaque Français à s'emparer de ce débat», a confirmé Jean-Louis Borloo, soulignant qu'
«on ne peut plus opposer l'écologie au développement».

Les déchets (deux groupes) : REDUCTION
- La mise en place d'une nouvelle loi sur les déchets
- Réduire la production de déchets (de 5 à 2 kg par an et par habitant) : taxe d'enlèvement des ordures ménagères plus équitable.
- Réutiliser les matières organiques : généraliser la taxe des activités polluantes.
- Diminuer le tonnage total des déchets stockés et incinérés.
- Renforcer la concertation et l'innovation en matière de gestion des déchets.
- Un plan sur les macro-déchets (port, littoral, mer...).
- Débat sur la place de l'incinération au sein du groupe: mise en place d'un moratoire ou continuer la politique actuelle ou les deux à la fois...

Groupe ecologie et économie : CHANGER LES INDICATEURS

- A côté des indicateurs traditionnels, la création d'un PIB vert.
- Développement des éco-labels, généralisation des étiquettes énergie.
- La mise en place de démonstrateurs de technologies eco-responsables (prototypes issus de la recherche).
- Outils économiques : mise en place d'une fiscalité verte, d'un prix qui incorpore une composante écologique.
- Transports : éco-vignette, légalisation du péage urbain, péage kilométrique sur les poids-lourds.

Groupe gouvernance écologique : IMPLIQUER
- Reconnaître les partenaires environnementaux (ONG etc.) comme des acteurs à part entière de la société civile. Ils pourraient faire partie du Conseil économique et social national et local.
- Un Parlement au coeur de l'élaboration des stratégies du developpement durable et la création d'un lieu ad hoc pour pemettre à des élus de particper aux concertations.
- Garantir l'accès à l'information et à la connaissance
des citoyens sur l'environnement. Démarche de débat public. Création d'un Haut conseil pour la médiation.
- Impliquer les entreprises dans la gouvernance écologique. Elargir les missions des comités d'entreprise et des CHSCT.

Groupe consommation et développement durable : ASSAINIR
- Interdiction du phosphore dans les produits de lessive
- Définition d'itinéraires de production dans l'agriculture conventionnelle en France, territoire par territoire. Divergences sur les incitations économiques pour y parvenir. Objectif : que 50% de l'agriculture conventionnelle y réponde d'ici 2012.
- 10% de produits à haute valeur environnementale, hors bio, d'ici 2012
- 20% de produits bio dans la restauration collective d'ici 2013.
- Interdiction des substances dangereuses (150 molécules environ) d'ici deux à quatre ans.
- Le relèvement du niveau de redevance pour les pollutions diffuses : pas de consensus. Idem pour les engrais chimiques.
- Générer la gestion collective de l'eau dès 2008.
- Créer une trame verte nationale
- Mettre en place un éco-label sur la pêche
- Fomer les jeunes agriculteurs
à de nouvelles agricoles : module consacré à la biodiversité dans les lycées agricoles mais aussi dans l'enseignement général.

Groupe environnement respectueux pour la santé : PREVENTION
- Investir dans la prévention pour la santé de façon globale.
- Gestion prévisionnelle des risques pour adapter nos innovations en matière de recherche et développement.
- Lutte contre les polluants, avec des objectifs quantifiés exigeants : ceux de l'air extérieur comme intérieur (création d'une loi sur l'air), de l'eau, des sols.
- Diminuer l'usage des phytosanitaires de 50% (notamment les pesticides) et éliminer les substances les plus dangereuses utilisées au niveau domestique.
- Renforcer la veille sanitaire au niveau local. Création de centres des contrôles des maladies
- Création de pôles interrégionaux avec chercheurs, médecins sur le lien santé/environnement...

Groupe OGM : SURVEILLANCE
- «Garantir à l'agriculture le choix de son itinéraire» : OGM, bio ou conventionnel.
- La création d'une haute autorité chargée d'émettre des avis au niveau national et européen.
- La mise en place d'une loi sur les biotechnologies pour définir les notions de l'éthique, de la responsabilité et de la brevetabilité du vivant.

Groupe biodiversité : CONNAISSANCE
- Sensibiliser les enfants au sein de l'école à la nutrition pour leur apprendre à «bien manger». Réintroduire les sciences naturelles dès la maternelle par exemple.
- Création d'une fondation pour la biodiversité et d'un observatoire
- Remise en cohérence de l'ensemble des actions des services et établissements publics en faveur de la nature, via une mission parlementaire par exemple.
- Organiser en amont des lieux de concertation pour disctuter du bien fondé d'une action, d'une infrastructure....
- Une loi-cadre pour préserver la biodiversité marine, notamment en Méditerranée.
- Pesticides : les agriculteurs ne sont pas opposés à leur réduction drastique à condition qu'on leur présente des alternatives
- Valorisation économique de la biodiversité : réduction de la fiscalité, attribution de points de retraite MSA etc.

Groupe transports : SANCTIONS
- La mise en place d'une «éco-pastille» pénalisant les voitures les plus polluantes et favorisant les plus vertueuses, selon le principe d'un «bonus-malus» annuel, a annoncé le président de ce groupe, Jean Jouzel.
- La réduction de 10 km/h de la vitesse des voitures sur le réseau routier hors agglomération, soit 120 km/h sur autoroute, 100 km/h sur voie express et 80 km/h sur nationales et départementales.

Plus tôt, le ministre de l'Ecologie Jean-Louis Borloo a prévenu jeudi qu'«il n'y avait aucune autre perspective que de changer radicalement la donne et faire la révolution écologique», en présentant les premières conclusions du Grenelle de l'environnement.

Cette table ronde entre les principaux acteurs de la société française a pour but «d'aller au fond des expertises, des sujets, sans aucun tabou, de façon transparente et démocratique», a poursuivi Jean-Louis Borloo.

Six groupes de travail présentent jeudi une série de propositions dans tous les domaines -- transports, agriculture, santé etc -- pour faire prévaloir le respect de l'environnement dans la consommation et la production en France.

«Propositions, et non décisions»

Le ministre a souligné qu'il s'agissait à ce stade de «propositions, et non de décisions», ces dernières étant du ressort du président Sarkozy à l'issue de la dernière étape du Grenelle de l'environnement prévu fin octobre.