Grève à Mayotte: accord entre syndicats et ministère des Outre-mer

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Un groupe de gendarmes, le 13 avril 2016 dans le quartier de Mamoudzou à Mayotte
Un groupe de gendarmes, le 13 avril 2016 dans le quartier de Mamoudzou à Mayotte — ORNELLA LAMBERTI AFP

Syndicats et ministère des Outre-mer sont parvenus vendredi à un accord «de méthode» pour répondre aux revendications d'«égalité réelle» avec la métropole réclamées par les syndicats, après plus de deux semaines de barrages routiers qui paralysent l'île, a constaté une journaliste de l'AFP.

La ministre des Outre-mer George Pau-Langevin a reçu pendant plus de cinq heures une intersyndicale FSU, FO, CGT, FAEN, CFDT, Solidaire, venue à Paris réclamer le rattrapage de Mayotte, devenue 101e département français en 2011, sur la métropole, notamment en matière de Code du travail, de prestations sociales, de salaires ou de services publics.

Vendredi matin, après plusieurs levées de barrage jeudi par les forces de l'ordre, de nombreux barrages avaient été réinstallés très tôt au nord, au sud et au centre de l'île, paralysant à nouveau la circulation, a constaté une journaliste de l'AFP. En fin de journée, la quasi totalité avait été levée, précisait-on au ministère.

A l'issue de la réunion à Paris, les représentants se sont dit plutôt satisfaits des engagements pris, qui portent surtout sur un calendrier de discussions et de mise en application des différentes mesures de rattrapage, mais ont promis de rester «vigilants». Une assemblée générale est prévue samedi à Mayotte pour décider de la levée des barrages.

Syndicats et ministères (Outre-mer, Fonction publique, Travail, Affaires sociales) sont parvenus à un accord notamment sur le Code du travail de droit commun, qui devra s'appliquer au 1er janvier 2018, un objectif qui devra être inscrit «dans une loi», a précisé Mme Pau-Langevin.

Pour les fonctionnaires, l'accord confirme notamment le passage à un taux d'indexation de 40% du traitement (sur-rémunération) à partir du 1er janvier 2017 avec une clause de revoyure avancée au 1er semestre 2017. Ils se sont également mis d'accord sur une reprise des discussions en mai sur la reconstitution des carrières des agents.

- «Faire passer le message de la souffrance de la population» -

Ils ont aussi convenu de se revoir au second semestre 2016 sur la question de l'application du Code de la Sécurité sociale, après analyse «des situations comparées entre la métropole et Mayotte».

Concernant l'application immédiate des accords de branches et conventions collectives conclus en métropole, les ministères des Outre-mer et du Travail se sont «engagés à défendre cette demande dans le cadre d'un véhicule législatif courant 2016», a informé la ministre.

En matière de retraites, l'accord prévoit une «concertation interministérielle» et l'engagement de travaux avec les partenaires sociaux, après la remise prochaine d'un rapport attendu sur le sujet.

Il est également prévu d'étudier «la mise en œuvre de la CMU-C (couverture maladie universelle complémentaire) à Mayotte avant la fin 2016» et de mettre en œuvre la prime d'activité au troisième trimestre 2016.

Concernant le financement de ces mesures, «c'est notre travail de nous expliquer avec Bercy», a dit Mme Pau-Langevin, estimant «qu'à partir du moment où nous sommes arrivés à un accord sur les revendications, le calme devait revenir à Mayotte».

Salim Nahouda (CGT) s'est dit «satisfait parce qu'on a été écouté, mais nous allons rester vigilants. Il faut mettre cet accord en application. Si tout est mis en place, c'est une avancée», a-t-il ajouté.

Pour El-Hanzize Hamidou (FO), «le but était de faire passer le message de la souffrance de la population» mahoraise. «Pour la première fois, le gouvernement s'engage pour que le Code du travail de droit commun s'applique à Mayotte», a-t-il dit.

«Dès le mois de mai, des travaux vont se mettre en place. Si les engagements ne sont pas tenus, l'accord ne vaudra rien», a prévenu Maoulida Momed (FAEN).