Valorisation des carrières: près de 650 millions d'euros pour les policiers et les gendarmes

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Une vue aérienne d'une promotion de la Préfecture de police, le 9 avril 2014, à Paris
Une vue aérienne d'une promotion de la Préfecture de police, le 9 avril 2014, à Paris — FRED DUFOUR AFP

Le président François Hollande avait promis en octobre «des moyens» aux forces de l'ordre: près de 650 millions d'euros leur seront accordés d'ici 2020 dans le cadre d'un protocole de valorisation des carrières signé lundi au ministère de l'Intérieur.

Ce protocole, signé par tous les syndicats de police à l'exception d'Unité police FO-SGP et le groupe de liaison du Conseil de la Fonction militaire de la gendarmerie (CFMG), concrétise les promesses de M. Hollande en octobre 2015, après une manifestation de plusieurs milliers de policiers devant le ministère de la Justice.

Près de 400 millions d'euros seront destinés à la police et 250 millions à la gendarmerie, ont affirmé à la presse des syndicats de police et le Conseil de la fonction militaire de la gendarmerie (CFMG). Le ministère de l'Intérieur n'a de son côté pas révélé le coût de ce plan, préférant attendre la réunion organisée mardi à l'Elysée entre le président, syndicats de police et les représentants de la gendarmerie.

L'augmentation de deux points du taux de la «prime de risque» sur quatre ans - l'indemnité de sujétion spéciale de police (ISSP) en jargon policier - et la majoration progressive de la prime versée aux officiers de police judiciaire, font partie des mesures-phare de ce protocole qui s'appliquera pour partie dès 2016.

Figurent également «une valorisation de l'ensemble de la filière de la police technique et scientifique», une augmentation de la rémunération des psychologues de la police et des mesures en faveur du déroulement des carrières.

A l'issue de la signature de ce protocole place Beauvau, les syndicats de police et le secrétaire du groupe de liaison du CFMG ont salué un «accord historique» qui embrasse toutes les catégories de personnels du ministère de l'Intérieur.

«Cet accord est exceptionnel dans le contexte budgétaire contraint que connaît le pays. Le contexte de menace terroriste et le suremploi des forces de l'ordre envoyées en première ligne dans le cadre de la Cop 21 et bientôt de l'Euro ont permis d'aboutir à cet accord équilibré», s'est félicité Jean-Claude Delage, secrétaire général du syndicat Alliance, majoritaire chez les gardiens de la paix et gradés de la police.

- «Protocole historique» -

«Dire que cet accord n'est pas bon est un mensonge», a-t-il ajouté en référence à la position d'Unité SGP police-FO, seul syndicat de police à ne pas avoir signé le protocole. Jeudi, quelques milliers de policiers avaient manifesté à l'appel de ce syndicat à Paris, insatisfait des propositions du gouvernement.

Pour Philippe Capon, secrétaire général de l'Unsa-police, «ce protocole, historique, a le mérite de toucher l'ensemble des fonctionnaires du ministère de l'Intérieur qui concourent tous les jours à la sécurité des Français».

Un avis partagé par Céline Berthon, secrétaire générale du Syndicat des commissaires de la police nationale (SCPN): «C'est un bel accord d'abord parce que personne n'est oublié et parce qu'il consent à des efforts financiers considérables dans un moment où le pays est dans une situation budgétaire difficile». «Avec cet accord, l'Etat montre qu'il soutient et reconnaît ses policiers et qu'il met les moyens», a-t-elle ajouté.

«Même si les discussions ont été âpres et compliquées, le président a tenu ses engagements. Cet accord marque la considération au plus haut niveau de l'Etat de la place des policiers dans les heures difficiles que le pays traverse», a salué Patrice Ribeiro, à la tête de Synergie officiers.

Du côté des représentants de la police technique et scientifique, l'accord est jugé «satisfaisant». «Mais on aurait pu aller plus loin», regrette Nathalie Makarski, secrétaire générale du Snapatsi.

De leur côté, les gendarmes se félicitent de cet accord qui prévoit notamment la reconnaissance par l'avancement semi-automatique, à 25 ans d'ancienneté, au grade d'adjudant. «Nos propositions ont été entendues», a déclaré le major Emmanuel Franchet, secrétaire général du groupe de liaison du Conseil de la fonction militaire de la gendarmerie. «C'est la reconnaissance du travail accompli par les forces de l'ordre depuis plusieurs mois».