Grasset et Philippe Besson condamnés à verser 40.000 euros au couple Villemin

JUSTICE Le livre «L’enfant d’octobre» a été jugé diffamatoire...

C. F. et P. B.

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Le parquet général de la cour d'appel de Paris a annoncé mardi qu'il "ne s'oppose pas" à la demande de réhabilitation de Jean-Marie Villemin, qui veut effacer sa condamnation prononcée en 1993 pour le meurtre de Bernard Laroche qu'il tenait pour l'assassin de son fils Grégory.
Le parquet général de la cour d'appel de Paris a annoncé mardi qu'il "ne s'oppose pas" à la demande de réhabilitation de Jean-Marie Villemin, qui veut effacer sa condamnation prononcée en 1993 pour le meurtre de Bernard Laroche qu'il tenait pour l'assassin de son fils Grégory. — Gérard Cerles AFP/Archives

Coup de massue pour Philippe Besson. L’écrivain et sa maison d’édition, Grasset, ont été condamnés mardi pour atteinte à la vie privée et diffamation dans le livre «L’Enfant d’Octobre», paru en avril 2006. Au total, ils devront verser 40.000 euros au couple Villemin : 15.000 euros pour atteinte à la vie privée, 20.000 euros pour diffamation, et 5.000 euros pour les frais de procédure, révèle l'écrivain Pierre Assouline sur son blog.

Pensées prêtées à Christine Villemin

Une somme élevée au regard des condamnations habituelles dans ce domaine, qui n’excèdent pas 15.000 euros. Fait rare, le jugement est même assorti d’une exécution provisoire, qui oblige Grasset et Philippe Besson à verser ces sommes même s’ils décident de faire appel. «La XVIIe chambre de la presse du tribunal de grande instance de Paris n’a pas pour habitude de pourfendre la liberté d’expression, mais cette fois-ci les limites ont vraiment été franchies», explique à 20Minutes.fr l’avocate de Jean-Marie et Christine Villemin, Anne Boissard.

En cause, notamment, des passages du livre où l’auteur prête des pensées à Christine Villemin, en italique, sans avoir pris la décision de changer les prénoms. «Il lui fait tenir des propos sur Bernard Laroche (assassiné par Jean-Marie Villemin, ndlr) tout à fait intolérables, tels que “j’aurais aimé que son agonie dure pendant des heures» etc.” », s’emporte Anne Boissard.

L’auteur décrit également une scène où Christine Villemin assassine son fils dans la baignoire, telle qu’elle a pu être imaginée à l’époque par l’opinion publique. «La lecture de ce passage a été insoutenable pour ma cliente», déplore l’avocate, qui souligne qu’il n’y a «aucune prise de distance» dans cette «soi-disant fiction» qui distille des erreurs comme le fait que Christine Villemin a bénéficié en 1993 d’une ordonnance de non-lieu pour «charges insuffisantes» et non pour «absence de charges» comme ce fut le cas.

>> Retrouvez notre dossier consacré à l’affaire Villemin

Contactée par «20 Minutes.fr», la maison d’édition Grasset n’a pas souhaité commenter cette décision de justice, préférant attendre la copie du jugement pour se prononcer sur un éventuel appel, à l’instar de Philippe Besson. Quant aux Villemin, ils sont «satisfaits. Mais ils auraient préféré que ce livre n’existe pas», conclut Anne Boissard.