La pédophilie, un péché ? L'évêque de Pontoise ne «saurait dire»

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L'évêque de Pontoise Stanislas Lalanne, le 21 juillet 2014
L'évêque de Pontoise Stanislas Lalanne, le 21 juillet 2014 — FRANCOIS GUILLOT AFP

Pour l'évêque de Pontoise, Stanislas Lalanne, la pédophilie est «un mal» mais il ne «saurait pas dire» si c'est un péché. Ses propos ont choqué les victimes d'un prêtre pédophile à Lyon qui s'en sont émus mercredi.

«La pédophilie est un mal. Est-ce que c'est de l'ordre du péché ? Ca, je ne saurai pas dire, c'est différent pour chaque personne. Mais c'est un mal et la première chose à faire c'est de protéger les victimes ou les éventuelles victimes», a-t-il déclaré mardi sur RCF, réseau de 63 radios chrétiennes francophones.

Mgr Lalanne intervenait dans le cadre de l'émission «Le Temps de le dire» consacrée à «L’Église de France face à la pédophilie» en sa qualité de responsable de la cellule de veille de l'Eglise contre la pédophilie.

Un peu plus tard, plusieurs auditeurs heurtés par ses propos l'ont relancé et l'évêque a précisé: «C'est un mal profond. Les choses sont très, très claires. Est-ce que c'est péché ou pas ? Je ne sais pas et ça peut être différent suivant chacun. Donc on ne peut pas généraliser», a ajouté le responsable religieux.

«La difficulté, c'est quelle conscience la personne a de ce mal ? Comment elle s'en sent responsable ? (...) Quand on commet un péché, on a conscience qu'on blesse la relation à l'autre et qu'en blessant la relation à l'autre, on blesse la relation avec Dieu», a-t-il expliqué.

«On est dans l'ordre du péché mais est-ce que cet homme est pécheur au sens strict du terme ? Je ne peux pas le dire, à chaque fois, on ne peut pas parler de façon générale», a conclu Stanislas Lalanne.

Dans un communiqué publié mercredi, les membres de l'association La Parole Libérée, qui ont contribué à médiatiser des affaires de pédophilie jusque-là tues à Lyon, dénoncent une «communication de l'Eglise de France empreinte de maladresses et d'amateurisme». Pour eux, les propos de Mgr Lalanne résonnent «de manière violente et dégradante pour les victimes d'actes de pédophilie».

Fin janvier, un prêtre lyonnais, Bernard Preynat, avait été inculpé pour des agressions sexuelles commises il y a plus de 25 ans sur des scouts. Une enquête avait été ouverte dans la foulée pour non dénonciation visant les responsables du diocèse, dont le cardinal Philippe Barbarin.

Depuis, quatre autres affaires de religieux accusés de pédophilie ou d'agressions sexuelles sont venues ou revenues à la surface dans le diocèse de Lyon.

Le pape François, comme ses deux prédécesseurs, a plusieurs fois condamné clairement la pédophilie comme un «péché». Encore tout récemment, dans l'avion qui le ramenait du Mexique en février, le pape déclarait: «c'est une monstruosité, parce qu'un prêtre est consacré pour conduire un enfant à Dieu, et là il le +mange+ dans un sacrifice diabolique. Il le détruit».

Jean Paul II avait quant à lui déclaré : «il est juste que la société le considère comme un crime. Mais c'est aussi un péché détestable aux yeux de Dieu».