Un « nouveau Tchernobyl » sur Rhône ?

A Lyon, Carole Bianchi - ©2007 20 minutes

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L'organisation écologiste WWF n'hésite pas à comparer la pollution du Rhône aux PCB à un « nouveau Tchernobyl ». Pernicieux et invisible, ce polluant d'origine industriel, plus connu sous le nom de pyralène, a été détecté dès 2005 en amont de Lyon. Aujourd'hui, il est interdit de consommer les poissons du Rhône pêchés depuis l'Ain jusqu'à l'embouchure de la Méditerranée.

Selon nos sources, une information judiciaire a été ouverte par le parquet de Lyon en avril après la multiplication de plaintes contre X pour pollution déposées par les collectivités et les associations de l'agglomération lyonnaise. Depuis, la gendarmerie instruit ce dossier.

Si beaucoup reconnaissent que la désignation d'un coupable sera difficile, les origines de la pollution étant multiples, ces procédures auront alerté l'Etat, longtemps silencieux. Mais WWF-France, saisi du dossier fin août, ne se contente pas de la cartographie de la pollution promise en août par les autorités. « On ne mesure pas toutes les conséquences des PCB sur la santé et l'environnement », affirme Cyrille Deshayes, de WWF-France. Par endroits, la pollution remonte à plus de vingt ans. Une usine de Saint-Vulbas (Ain) a rejeté dans les années 1980 d'importantes quantités de pyralène avec l'autorisation de la préfecture. « Qu'en est-il des familles qui habitent à cet endroit ? Et des populations d'origine asiatique, friandes des poissons du Rhône ? Il est urgent d'entamer des études épidémiologiques », poursuit-il. Depuis quelques jours, l'asso diffuse des interviews sur son blog. Parmi elles, celle de l'unique pêcheur professionnel de Lyon, Cédric Giroux, qui a cessé son activité depuis deux ans, et qui ne comprend pas pourquoi les autorités s'emparent seulement aujourd'hui du sujet.