La réforme annoncée des régimes spéciaux fait réagir

SOCIAL François Fillon dit attendre le feu vert de l'Elysée, l'opposition et les syndicats ne l'entendent pas de cette oreille...

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Le Premier ministre François Fillon a insisté lundi sur le fait que l'Etat gardait le "contrôle" du groupe constitué par la fusion de GDF et Suez, avec une participation du secteur public "d'environ 40%" dans la nouvelle entité.
Le Premier ministre François Fillon a insisté lundi sur le fait que l'Etat gardait le "contrôle" du groupe constitué par la fusion de GDF et Suez, avec une participation du secteur public "d'environ 40%" dans la nouvelle entité. — Jacques Demarthon AFP/Archives

Levée de boucliers après les propos de François Fillon dimanche sur la réforme des régimes spéciaux.

Le numéro un du PS, François Hollande, a estimé que «toute précipitation serait contraire à l'idée même de la réforme». «Il faut absolument que la négociation soit la règle», a-t-il dit au Forum Radio J, relevant que «après on verra le texte juridique», loi ou décret, selon que les partenaires sociaux réussissent à se mettre d'accord ou non.

Le secrétaire général de la CFDT, François Chérèque, a prévenu lundi sur France Inter qu'il y aurait «un conflit majeur, y compris avec la CFDT», si le gouvernement décidait de «passer en force». Il s'est dit toutefois «favorable à discuter d'une évolution des régimes spéciaux de retraite, pour une raison simple: si on ne fait pas évoluer ces régimes, ils seront en faillite et les retraites des personnels ne seront pas versées». Le syndicaliste a affirmé que le Premier ministre disait «tout et son contraire». «Il faut vite qu'il précise sa pensée qui est contradictoire avec celle du ministre du Travail, en charge de ce sujet, qui dit que rien n'est prêt et qu'on va ouvrir le débat».

«Complète perversion du dialogue social»

Jean-Christophe Le Duigou, secrétaire confédéral de la CGT, a parlé lundi, sur France Info, de «méthode curieuse» et de «complète perversion du dialogue social». Il craint un «alignement au rabais pour tous les salariés».

«Si le gouvernement veut passer en force, il faut s'attendre à des réactions, c'est évident» a averti le secrétaire général de Force Ouvrière, Jean-Claude Mailly, sur France 2.

Mercredi dernier, le secrétaire général de la CGT, Bernard Thibault, avait déjà prévenu que, «si le gouvernement souhaite procéder par décret, c'est-à-dire prendre des décisions unilatérales et nous mettre devant le fait accompli comme ce fut le cas en d'autres temps, il pourrait entraîner le pays vers des tensions». Allusion non voilée aux grèves qui avaient paralysé la France en novembre et décembre 1995.