Pour Xavier Darcos, le collège unique est mort

EDUCATION Il veut que les établissements définissent eux-mêmes leurs politiques éducatives...

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Les emplois du temps des lycéens et, surtout, des écoliers français sont parmi les plus chargés en Europe, selon "Les chiffres clés de l'Education", étude publiée en 2005 par l'office statistique européen Eurostat.
Les emplois du temps des lycéens et, surtout, des écoliers français sont parmi les plus chargés en Europe, selon "Les chiffres clés de l'Education", étude publiée en 2005 par l'office statistique européen Eurostat. — Jeff Pachoud AFP

Le collège unique est mort, vive l'autonomie. Le ministre de l'Education, Xavier Darcos, a estimé jeudi sur France Inter qu'il fallait «parler au passé» du collège unique et le remplacer par «une plus grande autonomie des établissements», qui définiront leur «politique éducative» eux-mêmes, à l'intérieur «de cadres nationaux».
    
Créé en 1975, le collège unique, avait pour but de répondre à la démocratisation de l'enseignement secondaire en offrant à tous les enfants les mêmes enseignements au même âge, jusqu'à 16 ans.
    
«Plus personne ne croit que le principe selon lequel tout le monde doit faire la même chose au même moment dans l'Aveyron ou dans l'Essonne ait du sens», a assuré le ministre, constatant qu' «aujourd'hui, chaque collège réagit en fonction des publics qu'il a, des problèmes qu'il rencontre».

Le ministre a donné plusieurs exemples : ajouter des modules massifs de français pour ceux qui en ont besoin, des activités sportives pour eux qui veulent se défouler, faire de l'anglais de manière systématique ou bien du français langue étrangère pour les élèves récemment arrivés en France.

Des cadres et une marge de manœuvre pour les établissements

«On donne à tous les collèges des cadres - en gros il faut que tous les élèves fassent à peu près tant d'heures de telle discipline - et on donne une marge de manoeuvre importante pour que l'on puisse faire plus pour ceux qui sont en difficulté», a expliqué celui qui dit avoir reçu comme ordre de mission de l'Elysée de «rompre» avec le modèle du collège unique.

Le ministre de l'Education a par ailleurs souhaité apaisé en assurant de ne pas avoir l'intention de «sélectionner les enfants en 6e» car «tout le monde va à l'Ecole jusqu'à 16 ans en France», promettant des «décisions pour fin octobre». Le président de la République avait suscité la crainte des syndicats d'enseignants en expliquant, dans sa lettre aux éducateurs, que «nul ne doit entrer en 6e s'il n'a pas fait la preuve qu'il était capable de suivre l'enseignement au collège».