« Savoir qu'on va être pris, ça freine »

Bastien Bonnefous - ©2007 20 minutes

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Ils sont huit en France à le porter à la cheville. Huit détenus qui testent, depuis un an, le « placement sous surveillance électronique mobile » (PSEM) ou bracelet électronique nouvelle génération. L'affaire Evrard, du nom du pédophile multirécidiviste arrêté en août, a relancé l'intérêt pour cet outil de localisation, fonctionnel 24 heures/24 et 7 jours/7, au point que la Chancellerie souhaite en généraliser l'usage dès 2008.

Créé dans le sillage de la loi du 12 décembre 2005, le PSEM est destiné aux détenus au casier chargé, condamnés à de longues peines et libérés sous conditionnelle par le juge des libertés et de la détention, après avis de psychiatres et d'une commission de sûreté. « Ce sont des détenus particulièrement dangereux, qu'il faut absolument surveiller à la sortie de prison », explique Laurent Ridel, sous-directeur de l'administration pénitentiaire. Pas forcément des délinquants sexuels, même si les hommes « placés » jusqu'à présent le sont. Pour Béatrice Blanc, magistrate en charge du projet PSEM à l'administration pénitentiaire, le dispositif a deux objectifs : « la non-récidive, car l'individu se sait surveillé, et la réinsertion, car le placement s'accompagne souvent d'obligations de traitement thérapeutique ». Avec le juge sont déterminées des « zones d'inclusion » - les lieux d'assignation où le placé doit se trouver à horaires fixes - et les « zones d'exclusion », interdites comme certaines écoles ou l'ancien domicile conjugal. Mais le risque zéro n'existe pas. « Le bracelet mobile n'empêche pas la récidive, mais savoir qu'à coup sûr on va être pris, ça freine », estime Laurent Ridel.