«Ce n'est pas en se mettant la tête dans le sable qu'il trouvera la solution»

REVUE DE PRESSE Les éditorialistes féroces sur les prévisions de croissance du gouvernement...

P. K.

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Le gouvernement a maintenu mercredi contre vents et marées son objectif de croissance de 2,25% cette année, en dépit d'une prévision plus pessimiste de l'OCDE qui donne des arguments à l'opposition pour qui "rigueur" et "hausses d'impôts" sont désormais inéluctables.
Le gouvernement a maintenu mercredi contre vents et marées son objectif de croissance de 2,25% cette année, en dépit d'une prévision plus pessimiste de l'OCDE qui donne des arguments à l'opposition pour qui "rigueur" et "hausses d'impôts" sont désormais inéluctables. — Martin Bureau AFP/Archives

La presse n’est pas tendre avec le gouvernement français, alors que l’OCDE a revu à la baisse les prévisions de croissance. Dans le collimateur, la ministre de l’Economie, Christine Lagarde, qui maintient ses prévisions. Selon le «Financial Times», elle avait pourtant admis en petit comité que les prévisions du gouvernement seraient difficile à atteindre, avant d'être remise au pas par Eric Woerth et François Fillon. «Mais les 2,25% de croissance attendus cette année sont presque hors d'atteinte, laissant supposer une diminution des recettes et une réduction des marges déjà limitées du gouvernement. Cela n'empêche pas la ministre de l'Economie de parodier Pierre Mauroy qui, juste avant le tournant de 1983, voyait lui aussi les clignotants au vert», attaque Philippe Waucampt dans «Le Républicain lorrain».

«On se demande ce qu'il va sortir de son chapeau»

Une politique de l’autruche critiquée par Francis Lachat dans «Le Courrier Picard»: «Il est d'ailleurs pitoyable de voir, d'un côté, Christine Lagarde clamer haut et fort que la croissance va se maintenir, et qu'il n'y a pas lieu de baisser les prévisions, alors que, dans le même temps, la plupart des économistes, qui ne sont pourtant pas suspectés d'être antigouvernementaux, disent le contraire.»

Alors que Nicolas Sarkozy entend poursuivre sa politique de baisse des prélèvements, l’éditorialiste ne voit pas vraiment comment le gouvernement va pouvoir sortir de cette impasse: «On se demande ce qu'il va sortir de son chapeau. Ce qui est sûr en tout cas, c'est que ce n'est pas en se mettant la tête dans le sable qu'il trouvera la solution.»

«La mauvaise nouvelle tombe au moment où les atermoiements vont bon train sur la TVA dite sociale, l'autre moyen imaginé par le gouvernement pour dynamiser la compétitivité, la croissance et l'emploi. Le débat se poursuit mais la réforme n'est pas prévue pour 2008. Pas enterrée mais presque», renchérit Daniel Ruiz dans «La Montagne».

«Les déficits risquent de se creuser encore»

«Le Figaro» préfère se pencher sur les causes de ce ralentissement: «Selon l'organisation internationale, l'insuffisance de l'offre des entreprises est le principal obstacle à la croissance.»

La tâche du gouvernement apparaît ardue : «Si la croissance devient atone, ses déficits risquent de se creuser encore, avant même que les réformes qui s’imposent n’aient pu être lancées», explique François Crouïgneau dans «Les Echos».