Environ 500 tracteurs à Boulogne-sur-mer, du «jamais vu», selon les agriculteurs

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Les agriculteurs ont déployé une banderole "combien de morts faut-il", lors d'une manifestation contre la baisse des prix des produits agricoles, à Chartres, le 2 février 2016
Les agriculteurs ont déployé une banderole "combien de morts faut-il", lors d'une manifestation contre la baisse des prix des produits agricoles, à Chartres, le 2 février 2016 — JEAN-FRANCOIS MONIER AFP

Environ 500 tracteurs étaient présents mardi à Boulogne-sur-mer (Pas-de-Calais), a indiqué la préfecture, «du jamais vu» selon la Fédération départementale des syndicats d'exploitants agricoles (FDSEA) à l'origine du mouvement de protestation des agriculteurs.

«500 tracteurs à Boulogne-sur-mer, c'est du jamais vu. La mobilisation est extrêmement forte, certains agriculteurs ont fait 50 km en tracteur pour venir ici», a déclaré à l'AFP Pascal Dumoutier, en charge de l'élevage à la FDSEA du département, sous une pluie battante devant la sous-préfecture.

«En comptant les agriculteurs venus en voiture, on arrive à 1.000, c'est colossal», s'est satisfait le syndicaliste. Vers midi, il était très difficile de circuler autour de la ville, premier port de pêche français, en raison des très nombreux embouteillages qui paralysaient le trafic.

A midi, une délégation de syndicats regroupant la FDSEA, les Jeunes agriculteurs (JA) et l'ADPL (producteurs de lait) devait rencontrer la préfète Fabienne Buccio. A 13H00, tous les tracteurs devraient entourer la vieille ville de Boulogne-sur-Mer, qui domine toute la partie basse de la cité portuaire.

La préfecture a confirmé la présence de 485 tracteurs, soulignant que l'opération se déroulait «dans le calme».

Les agriculteurs du Pas-de-Calais protestent notamment contre l'insuffisance du plan d'aide et les nouvelles normes qui leur sont imposées.

«On a 1.250 éleveurs qui sont éligibles au plan d'aide de l'administration mais les crédits alloués ne peuvent payer que 325 d'entre eux. On demande des crédits supplémentaires, de l'ordre de 3,5 millions d'euros», a dit M. Dumoutier.

«En outre, on est confronté à une perpétuelle contrainte de la réglementation. On doit effectuer une nouvelle mise en norme concernant le stockage des effluents d'élevage (eaux usées, ndlr). Les éleveurs ne peuvent plus financer des investissements non productifs et nous demandons un moratoire», a-t-il dit.