Moins d'éléphants, meilleure ambiance?

POLITIQUE L'université d'été du PS à La Rochelle doit marquer le début de la refondation du parti mais les clivages sont forts…

A.S

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Le Parti socialiste (PS) a accusé vendredi le président Nicolas Sarkozy d'être "malhonnête" en donnant "des leçons de développement aux Africains" tout en voulant "voler la matière grise de l'Afrique en pratiquant l'immigration choisie".
Le Parti socialiste (PS) a accusé vendredi le président Nicolas Sarkozy d'être "malhonnête" en donnant "des leçons de développement aux Africains" tout en voulant "voler la matière grise de l'Afrique en pratiquant l'immigration choisie". — Eric Feferberg AFP/Archives

Au PS, on fait mine de se réjouir. Avec 4.000 militants de prévus, la traditionnelle université d'été du parti n'a jamais compté autant d'inscrits. Mais si la quantité est au rendez-vous, la plupart des gros poissons ne se trouveront pas du côté de la Charente-Maritime durant ce week-end. En campagne pour la direction du FMI, Dominique Strauss-Kahn sera de par le monde tout comme son ancien rival aux primaires, Laurent Fabius, «en déplacement à l'étranger» pour des raisons privées.

Seront également absents Martine Aubry — retenue à la grande braderie de Lille — Lionel Jospin (à l'île de Ré en train d'écrire son livre), Jean-Luc Mélenchon ou le jeune lion Gaëtan Gorce qui boude un «concours de mondanités socialistes». Et si Elisabeth Guigou y va, c'est en précisant qu'elle se «désole» de la situation divisée du parti.

Ségolène Royal promet d'être studieuse

Il faut dire que l'ambiance risque de ne pas être excellente quatre mois après la défaite à la présidentielle et alors que de nombreuses figures — de Marie-Noëlle Lienemann à Claude Allègre en passant par Jean-Luc Mélenchon — y vont de leur livre pour attaquer la candidature de Ségolène Royal et François Hollande.

La présidente de la région hôte a promis, elle, d'être «studieuse» et participera aux ateliers. C'est d'ailleurs elle qui prononcera vendredi le discours d'ouverture de l'université à l'espace Encan, l'ancienne criée aux poissons de la ville.

Le risque des monologues

Et si tout le monde estime qu'il faut rénover le parti, chacun semble avoir sa propre idée de ce que ce concept recouvre. Les 18 ateliers de l'université risquent donc de tourner aux monologues. Quand ils ne seront pas tout simplement occultés par les luttes de clans alors que la jeune garde, de Manuel Valls à Arnaud Montebourg, souhaite en découdre avec François Hollande. Lequel participe ici à sa dernière université en tant que premier secrétaire.

«On ne peut pas vouloir rénover le PS en étant plus dur avec lui qu'on ne l'est avec le gouvernement», le défend Stéphane Le Foll, bras droit de François Hollande. Mais, rétorque le fabiusien Claude Bartolone, «pour permettre le rassemblement, il faut que les choses soient dites». Ça promet.

Vendredi dans 20minutes, l’interview de Manuel Valls