Après LCI, la chaîne publique d'info vise la TNT gratuite dès septembre

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La présidente de France Télévision Delphine Ernotte le 4 novembre 2015 à Paris
La présidente de France Télévision Delphine Ernotte le 4 novembre 2015 à Paris — FRANCOIS GUILLOT AFP

Les amateurs d'information auront bientôt l'embarras du choix: la présidente de France Télévisions, Delphine Ernotte, veut lancer sa future chaîne publique d'info sur la TNT dès septembre et LCI espère démarrer sa diffusion gratuite dans quelques semaines.

Interrogée par l'AFP sur la présence de cette chaîne sur la TNT dès la rentrée, Delphine Ernotte a répondu: «Oui, c'est mon objectif». Elle avait souhaité récemment que la chaîne d'information, au départ prévue essentiellement sur internet, soit également présente sur la TNT gratuite, mais sans donner d'échéance précise.

France Télévisions est en train de peaufiner son projet, qui s'appuiera aussi sur ses partenaires (Radio France, France 24 et l'INA), presque sans budget supplémentaire. Réussir à le boucler dès septembre semble un véritable défi.

Le ministère de la Culture n'a pas écarté jeudi l'hypothèse d'un passage sur la TNT dès la rentrée, auquel il devra donner son aval, mais est resté prudent: «nous avons bien entendu la demande de Delphine Ernotte. Nous examinerons l'ensemble du dossier et nous prendrons la décision en temps et en heure».

Reste aussi à trouver une fréquence. L'Etat pourrait préempter celle de la chaîne Numéro 23, à laquelle le CSA a interdit d'émettre à partir de fin juin. Le CSA attribuerait alors le canal 23 à la chaîne d'info publique.

Autre possibilité, l'installer sur un canal déjà occupé par une des chaînes de France Télévisions. Mais Delphine Ernotte a assuré la semaine dernière qu'elle ne comptait pas fermer une des chaînes du groupe pour récupérer son canal.

- LCI sur le canal 26 ? -

La chaîne publique d'info, dont le nom n'est pas encore choisi et qui ne devrait pas comporter de coupures publicitaires, serait la 4e chaîne d'info en continu gratuite en France, avec BFMTV, iTELE et LCI (groupe TF1), autorisée par le CSA fin décembre à passer en gratuit.

La maison mère de BFMTV, le groupe NextRadioTV d'Alain Weill, se bat contre cette autorisation: il a déposé deux recours au Conseil d'Etat et a écrit cette semaine au CSA pour lui demander de réexaminer le dossier, au motif que la donne allait changer si la chaîne d'info publique arrivait sur la TNT gratuite.

Le président du CSA Olivier Schrameck a estimé jeudi, en marge de ses voeux à la presse, que cette demande était juridiquement infondée. Le Conseil «est tenu d'examiner les éléments d'un dossier au moment de sa décision», et celle-ci ne peut être réexaminée chaque fois que les conditions changent, a-t-il assuré.

En attendant LCI, qui souhaitait une diffusion gratuite dès janvier, doit encore terminer ses négociations avec le CSA sur sa nouvelle grille, ce qui risque de durer encore jusqu'en février, selon des sources proches du dossier.

Au terme de ces négociations, le CSA lui attribuera un canal, qui devrait porter logiquement le numéro 26, selon ces sources.

Techniquement, il faudra ensuite encore «une dizaine de jours» à LCI pour démarrer sa diffusion en gratuit, a précisé la directrice de l'information de TF1 Catherine Nayl, qui espère un basculement «le plus vite possible».

LCI n'est en effet plus rémunérée par les diffuseurs de télés payantes, mais n'intéresse pas encore les annonceurs, faute d'être déjà en clair. La chaîne subit donc une perte depuis le début de l'année qui, selon Challenges, serait de l'ordre de 100.000 euros par jour.

La nouvelle concurrence de LCI et l'annonce de l'arrivée de la chaîne d'info publique sur la TNT gratuite est une mauvaise nouvelle pour iTELE : la filiale de Canal+, dont la part d'audience n'a atteint que 1% en 2015, malgré l'actualité, devrait encore perdre 15 millions d'euros environ en 2015, selon le DG de Canal+ Maxime Saada.