Eglise incendiée à Fontainebleau: garde à vue pour un marginal qui avait menacé le curé

© 2016 AFP

— 

Le ministre de l'Intérieur Bernard Cazeneuve à l'église Saint-Louis de Fontainebleau, le 11 janvier 2016
Le ministre de l'Intérieur Bernard Cazeneuve à l'église Saint-Louis de Fontainebleau, le 11 janvier 2016 — MATTHIEU ALEXANDRE AFP

Il avait menacé le curé: un marginal de 48 ans est en garde à vue depuis lundi après-midi, soupçonné d'avoir incendié ce week-end une église à Fontainebleau, un acte dénoncé par le gouvernement et la droite.

«Ce sans-abri, en conflit avec la paroisse, conteste toute implication», a indiqué à l'AFP le procureur de Fontainebleau, Guillaume Lescaux.

Dans la nuit de samedi à dimanche, trois foyers d'incendie avaient été allumés dans l'église Saint-Louis, située dans le centre-ville de Fontainebleau (Seine-et-Marne), provoquant des dégâts matériels, dont du mobilier historique classé.

Selon une source policière, le curé de la paroisse aurait eu une violente altercation le 19 décembre avec l'homme placé en garde à vue, qui l'avait menacé. Il était suivi en psychiatrie en consultations externes.

Joint par l'AFP, le curé, José Antonini, affirme qu'il ne s'agit pas d'un sans-abri, «puisqu'il a un domicile», mais d'un «marginal avec des problèmes psychiatriques» et «d'alcool», proche de la communauté paroissiale depuis plusieurs années.

Le ministre de l'Intérieur Bernard Cazeneuve, qui s'est déplacé lundi sur les lieux, s'est dit «choqué» et a dénoncé un «acte abject».

Il a aussi réaffirmé «la détermination» de son administration «à protéger tous les lieux de culte dans un contexte d'irrespect, de violences et de menaces».

«On peut parler de profanation car ils ont renversé des hosties par terre, et le ciboire a été volé», avait déclaré le curé en marge de cette visite.

- Actes antichrétiens -

Un autel du XVIIe siècle, qui appartenait autrefois au château de Fontainebleau, a été détruit par le feu. Et une Vierge à l'Enfant polychrome du XIVe siècle a disparu, brûlée ou volée.

Fleur Pellerin, ministre de la Culture, a dénoncé «les destructions et la disparition» de ces objets «classés ou inscrits au titre des monuments historiques». «Porter atteinte à ces objets, c'est aussi s'attaquer à l'art et à l'histoire», selon la ministre.

Après cet incendie, le parti Les Républicains et le Front national ont dénoncé lundi une «recrudescence des actes antichrétiens» en France.

«Ces dégâts démontrent la volonté de s'attaquer à notre culture, mais aussi à des symboles forts pour les chrétiens. (...) On assiste à la recrudescence des actes antichrétiens en France. Après l'augmentation des profanations des cimetières chrétiens, c’est au tour des églises», ont affirmé Les Républicains dans un communiqué.

Pour le FN, «ces tristes événements viennent rappeler à tous que, bien qu'elles soient quasi systématiquement passées sous silence à la différence d'autres cultes, les profanations de lieux de culte ou de cimetières catholiques représentent pas loin de 85% des actes de ce genre en France».

Le maire de Fontainebleau, Frédéric Valletoux (DVD) a, quant à lui, dit espérer que les coupables seront rapidement identifiés car «beaucoup d'amalgames et de raccourcis, qui n'ont pas lieu d'être dans le contexte actuel, traînent sur les réseaux sociaux».

La France compte 45.000 églises catholiques - un certain nombre sans activité cultuelle -, auxquelles s'ajoutent 4.000 temples protestants et 150 édifices orthodoxes.

Dimanche, un autre incendie s'était déclaré dans une église à Veneux-les-Sablons, près de Fontainebleau. «Les premières constatations effectuées orientent plus vers une hypothèse accidentelle», selon le parquet.