Pour Météo France l’été 2007 est «pourri»

METEO L’hexagone a connu des records de pluviométrie...

M.N

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Après un mois de juillet particulièrement chaud et ensoleillé, août apparaît bien maussade, surtout dans le nord et l'est de la France, mais la situation n'est pas extraordinaire selon Météo France qui ne prévoit pas de franche amélioration pour les prochains jours.
Après un mois de juillet particulièrement chaud et ensoleillé, août apparaît bien maussade, surtout dans le nord et l'est de la France, mais la situation n'est pas extraordinaire selon Météo France qui ne prévoit pas de franche amélioration pour les prochains jours. — Pierre Verdy AFP

Pour Dominique Raspaud, météorologiste à Météo France, c’est clair: «l’été 2007 est pourri». La saison que nous venons de vivre est une des plus froides depuis les années 1980, été 2000 excepté. Si l’on excepte le pourtour méditerranéen et la région Midi-Pyrénées, le pays a sombré sous les nuages et les averses.

165 mm d’eau en été

Et les chiffres sont largement parlants. Exemples. Le Touquet, station balnéaire du Pas-de-Calais a explosé les statistiques de pluviométrie pour le mois de juillet avec 165 mm d’eau. «Soit trois fois plus que la normale», selon Dominique Raspaud. Idem pour des villes comme Besançon (Doub) ou à Caen (Basse-Normandie). A Paris, il est tombé 73 mm. Soit 10 mm de plus qu’une saison dite «normale». En revanche, Marseille a compté les gouttes avec seulement 2mm en juillet. Et seuls 5 mm sont tombés à Perpignan.

Même constat en nombre de jours de pluie. 10 jours en juillet à Poitiers, 12 à Orléans, 13 à Paris. Le record revient à Caen qui enregistre 22 jours pluvieux pendant ce seul mois.

Nappes phréatiques bénies

Seul point positif selon Météo France: les nombreuses averses ont permis la reconstitution partielle des nappes phréatiques. Les agriculteurs et les vendeurs de parapluies en profitent aussi. Les viticulteurs, eux, font grise mine puisque les pluies ont retardé la maturation des grains de raisin. Pour Dominique Raspaud, il y a une sorte de fracture du pays: «Les régions, comme le sud-est, qui souffrent de sécheresse vont encore plus en souffrir.»

Quant aux températures, Brest et Strasbourg ont battu des records de douceur: la journée la plus chaude a atteint à peine les 24 °C. Même la côte méditerranéenne a eu un mercure bien timide. En juillet, Marseille, qui a été la ville la plus chaude en moyenne dans le sud-est, a connu un maximum à 29 °C. En temps normal, la cité phocéenne dépasse presque toujours les 33°C.

Eté scandinave

Si les journées ont été fraîches, les nuits, elles, sont restées douces. A Météo France, on l’explique par «des nuages très nombreux au dessus du pays qui ont retenu la chaleur accumulée pendant la journée».

Mais où est donc passé l’anti-cyclone des Açores censé nous réchauffer? «Il est resté sur les îles des Açores, au large du Portugal puisque les perturbations venant du nord de l’Europe l’ont empêché de s’installer sur la France et l’Espagne.» En gros : nous avons eu un été scandinave.