«On ne peut pas intervenir médicalement sur une personne non consentante»

REACTION Jean-Marie Le Guen, médecin et député socialiste, réagit aux propositions de Nicolas Sarkozy sur le suivi des délinquants sexuels…

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Le député socialiste de Paris, Jean-Marie Le Guen, a annoncé vendredi à l'AFP, avoir déposé sa candidature à la présidence de la commission des Finances de l'Assemblée nationale qui doit revenir au PS.
Le député socialiste de Paris, Jean-Marie Le Guen, a annoncé vendredi à l'AFP, avoir déposé sa candidature à la présidence de la commission des Finances de l'Assemblée nationale qui doit revenir au PS. — Daniel Janin AFP/Archives
Jean-Marie Le Guen, médecin et député socialiste, réagit aux propositions de Nicolas Sarkozy sur le suivi des délinquants sexuels :

«Toute cette affaire démontre que malgré les nouvelles lois votées depuis cinq ans, il existe encore des trous béants dans le suivi des pédophiles. Outre un manque de moyens, l’approche sanitaire est insuffisante dans le traitement des délinquants sexuels. Sur les propositions de Nicolas Sarkozy, je suis d’accord avec l’objectif qui consiste à ne pas laisser en liberté une personne susceptible de recourir à un acte pédophile et suis favorable au confinement des personnes jugées dangereuses dans un hôpital fermé.

Néanmoins, deux idées m’ont choqué : la suspension des remises de peines, qui présente le recours supplémentaire à la prison comme une réponse aux crimes sexuels, et l’obligation de soins. Le détenu doit adhérer au traitement, on ne peut pas intervenir médicalement sur une personne non consentante, cela s’apparente à de la barbarie. C’est une question d’éthique fondamentale. De plus, pour que le traitement soit optimum, le consentement du condamné traité est préférable. Il faut que Nicolas Sarkozy se sorte des idées simples sur la médecine et comprenne qu’elle répond à une éthique propre.»