Le commandant du cargo qui a provoqué le naufrage d'un bateau de pêche français au large de la Bretagne a démenti le délit de fuite et plaidé l'accident, tandis que la CGT a demandé dimanche au gouvernement de tout faire pour que l'équipage "criminel" soit jugé en France.
Le commandant du cargo qui a provoqué le naufrage d'un bateau de pêche français au large de la Bretagne a démenti le délit de fuite et plaidé l'accident, tandis que la CGT a demandé dimanche au gouvernement de tout faire pour que l'équipage "criminel" soit jugé en France. — AFP/Marine nationale

ACCIDENT

La France va-t-elle pouvoir poursuivre l’Ocean Jasper?

Imbroglio juridique…

La France, les îles Kiribati, ou bien personne? Qui va pouvoir poursuivre l’«Ocean Jasper» soupçonné d'être à l'origine du naufrage du caseyeur «Sokalique» au large de la Bretagne.

La France a officiellement demandé aux autorités des îles Kiribati à pouvoir «conduire l'enquête» sur l'«Ocean Jasper», bateau-poubelle selon l’association «Les Robins des Bois». La France serait obligée de laisser repartir le cargo immatriculé aux îles Kiribati si les autorités de ce petit Etat du Pacifique ne renonçaient pas à leur droit de juger elles-mêmes l'équipage, en vertu de la convention de Montego Bay sur la circulation dans les eaux internationales.

Le syndicat CGT des marins de Brest a demandé dans une lettre au président Nicolas Sarkozy que le commandant du cargo et son second soient emprisonnés et jugés en France. Si les îles Kiribati ne donnent pas leur accord, le navire pourra repartir, et le petit archipel du Pacifique devra s’occuper du dossier.

A Brest, où l'Ocean Jasper est amarré depuis samedi, les gendarmes maritimes ont entendu lundi les sept membres d'équipage, a indiqué à l'AFP Laurent Fichot, le procureur de la République de Morlaix. Le commandant du cargo et son second auditionnés durant le week-end pourraient être entendus à nouveau mardi.

«J'espère avoir une enquête bien avancée mercredi», a ajouté le procureur, également dans l'attente des analyses des peintures relevées sur la coque du vraquier de 80 mètres.

Lors de leur première audition, le commandant du cargo et son second ont reconnu la collision et plaidé l'accident, affirmant ne pas avoir vu le caseyeur après la collision et démentant le délit de fuite.

Un responsable du Cross Corsen a toutefois affirmé lundi que le Centre régional opérationnel de surveillance et de sauvetage de la pointe bretonne n'avait reçu aucun appel du cargo après la collision, contrairement à ce qu'a affirmé son commandant.

Du nom d’une ville de la Jamaïque, la convention de Montego Bay, signée en 1982, et entrée en vigueur en 1994, organise le droit de la mer. Selon la convention, en cas d’accident dans les eaux internationales, un bateau impliqué doit être jugé par le pays dont il bat pavillon.