L'enfant, d'origine turque, est hospitalisé depuis mercredi soir au centre hospitalier de Lille qu'il pourrait quitter vendredi après-midi, a-t-on appris de source judiciaire. "Il va bien. Il joue, il rit", a déclaré à la presse son père Mustafa Kocakurt, qui s'est dit "heureux" d'avoir retrouvé son fils vivant.
L'enfant, d'origine turque, est hospitalisé depuis mercredi soir au centre hospitalier de Lille qu'il pourrait quitter vendredi après-midi, a-t-on appris de source judiciaire. "Il va bien. Il joue, il rit", a déclaré à la presse son père Mustafa Kocakurt, qui s'est dit "heureux" d'avoir retrouvé son fils vivant. — Denis Charlet AFP

PEDOPHILE

La colère du père d'Enis

Mustafa Kocakurt a rencontré Nicolas Sarkozy, lundi. Dans son viseur: le médecin qui a délivré l'ordonnance de Viagra...

Nicolas Sarkozy a apporté lundi son «soutien» au père d’Enis, enlevé la semaine dernière à Roubaix par un pédophile récidiviste. Il lui aurait promis «des lois plus sévères», a affirmé devant la presse Mustafa Kocakurt à l'issue de son entretien d’une demi-heure avec le président.

Lois plus sévères

«Maintenant, il y aura un suivi psychologique qui va être mis en route pour moi et pour mon fils, et M. le président me soutient entièrement, que ce soit pour m'aider dans mes démarches, et sur les lois aussi», a ajouté Mustafa Kocakurt. «Si je suis venu ici aujourd'hui, c'est pour que les lois puissent changer, puissent être plus sévères, pour des monstres comme cette personne là, parce que je trouve pas ça normal qu'il puisse être dehors», a-t-il souligné.

Alors qu’une réunion sur la prévention de la récidive est prévue à l’Elysée, lundi après-midi, en présence de François Fillon, Rachida Dati (Justice), Michèle Alliot-Marie (Intérieur) et Roselyne Bachelot (Santé), Nicolas Sarkozy se serait déjà prononcé en faveur d’un durcissement des lois. «M. le président m'a promis de changer tout ça, et que tout sera mis en place pour que les lois puissent aller dans le bon sens, c'est-à-dire des lois plus sévères et que ces gens ne sortent jamais», a ainsi affirmé le père d’Enis.

«Pire qu'écoeuré»

Alors qu'un médecin de la prison de Caen, où avait été détenu jusqu'au 2 juillet le pédophile Francis Evrard, écroué vendredi pour les rapt et viol d'Enis, a reconnu lui avoir prescrit du Viagra, Mustafa Kocakurt s'est dit «pire qu'écoeuré». «Si jamais c'est le médecin de la prison qui lui a prescrit ça, (...), il en paiera les conséquences», a-t-il dit. «Je ferai tout ce qui est de mon possible pour qu'il n'exerce plus».

«Ecœuré, évidemment»

«Perplexe.» Me Emmanuel Riglaire, défenseur du père d'Enis, n'a pas été surpris, lundi, par les aveux du médecin de la prison de Caen qui a prescrit du Viagra à Francis Evrard. «Ecœuré, évidemment», Emmanuel Riglaire s'interroge pourtant sur les conditions des aveux «spontanés» du médecin. D'après lui, un «contrôle de la Ddass» a eu lieu hier dimanche au sein du centre de rétention. «Une intervention surprenante de la part de l'administration, qui est venue se mêler de l'enquête judiciaire en cours.» «J'imagine qu'ils ont vérifié la pharmacie, et que le médecin n'avait plus d'autre choix que de se présenter.Mais c'était à la justice de faire cela, et non à la Ddass.»

Rachida Dati, la ministre (UMP) de la Justice, avait néanmoins indiqué dimanche que ce volet de l'enquête avait été confié au ministère de la Santé. Ce qu’a indirectement expliqué la procureure-adjointe de Lille, Brigitte Lamy, en déclarant que la délivrance de Viagra «n'(intervenait) pas dans la nature des faits» reprochés à Francis Evrard. Emmanuel Riglaire continue cependant à s’interroger: «Quel intérêt avait l'administration de se mêler d'une instruction judicaire?»