«Les dégâts devraient être importants»

MARTINIQUE Des habitants commencent à témoigner après le passage du cyclone Dean...

M.N

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Rejane Joseph est directrice de la maison de retraite Le Flamboyant, située à Fort-de-France, en Martinique. Une région qui est frappé par les vents du cyclone Dean.

Joint au téléphone par 20minutes.fr, la directrice raconte comment elle a porté secours à Mélanie, une voisine de son établissement: «Cela s'est passé cette nuit, on a vu le toit en tolle de la maison à côté qui s'est envolé dans les airs à cause des vents violents. On est sorti pour venir en aide à la voisine. On a traversé la rue où il n’y avait pas un chat. Les vents sont tellement fort qu’on ne voyait rien. Mélanie est venue se réfugier chez nous. C’est vrai, on est sorti même si c'est interdit. Mais, on n’avait pas le choix, il fallait bien lui venir en aide.»

Mélanie, la voisine en question poursuit : « J’ai eu très chaud. Dehors les arbres sont arrachés, les vents sont impressionnants, ça doit aller à 140 km/h. Ça soufflait tellement fort que mon toit en tolle a été emporté. Et c’est pourquoi je suis venue me réfugier ici, à la maison de retraite de Madame Joseph.»

Les onze résidents vont bien

Une maison de retraite qui contrairement au reste de l’île dispose encore de l’électricité. Et Rejane Joseph se veut rassurante : «nous avons encore notre toit et les onze résidents se portent bien.»

Jardin dévasté

Du côté du littoral les même images d'arbres arrachés et toitures envolées. Mais pour l'officier de port à la capitainerie de Fort-de-France le vent «commence à mollir». «Cela fait une heure que nous sortons de la tempête. Mais une chose est sûre, il y aura de gros dégât. Le gros arbre qui est devant la capitainerie et que je vois de ma fenêtre est complétement arraché. Et à côté il y a les toitures des maisons qui ont été déposées par les vents. J'ai eu ma compagne au téléphone et son jardin a été complètement dévasté. Cest vraiment impressionnant. Pour l'instant on a pas le droit de sortir même si le vent commence à tomber.» Pour lui, cela aurait pu être pire. «Si le centre du cyclone est passé un peu au sud de l'île, une chose est clair il n'était pas loin des côtes.»

Jean-Paul Lebel a fabriqué son pain

Les vents violents de la nuit n'ont pas empêché Jean-Paul Lebel de fabriquer son pain. Ce boulanger de Fort-de-France a travaillé même si l’électricité lui a joué des tours : «J’ai eu des problèmes pour faire le pain et surtout j'ai eu des dégâts avec les appareils électriques. A certains moments, j’ai utilisé un groupe électrogène à cause des coupures. Le problème c’est que des machines ont été endommagées, un four, un appareil à faire de la glace. En plus le sol est mouillé à cause de la pluie. Mais bon c’est moins important qu’un voisin qui a eu 60 centimètres d’eau chez lui, il habite au bout de la rue qui est descendante.»

Car bien que la Martinique commence à peine de sortir de l’œil de Dean, les voisins de Jean-Paul lebel sont venus acheter le pain. «Les gens savent que j’ouvre donc ils viennent.» Et quel est le spectacle que voit le boulanger à travers sa fenêtre? Il nous décrit : «Les arbres sont arrachés, mes pots de fleurs sont cassés. Une ligne électrique a été coupée par un arbre qui est tombé de dessus. En face la moitie de la toiture des voisins a été arrachée.» Et où sont les voisins ? «Chez eux !»

La Guadeloupe au calme

Jean Paul Lebel est resté seul pour faire tourner la boutique alors que sa femme et ses trois enfants sont en Guadeloupe. «Là-bas c’est plus calme, l’ouragan est passé juste au sud de l’île, entre la Martinique et Sainte Lucie.»