Régionales: Valls affirme que le FN peut conduire à la «guerre civile»

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Marine Le Pen en campagne le 10 décembre 2015 à Quesmy
Marine Le Pen en campagne le 10 décembre 2015 à Quesmy — DENIS CHARLET AFP

Manuel u où le parti d'extrême droite est en mesure de gagner plusieurs régions, même si les derniers sondages indiquent le contraire.

«Il y a deux options pour notre pays (...), celle de l'extrême droite qui, au fond, prône la division, cette division peut conduire à la guerre civile et il y a une autre vision qui est celle de la République et des valeurs, qui est le rassemblement», a affirmé vendredi matin sur France Inter le Premier ministre, qui n'a pas économisé sa parole pendant l'entre-deux tours.

Il a de nouveau dénoncé le Front national, un parti dont le programme est «une arnaque», qui «trompe les gens, (est) toujours dans l'outrance, tient des propos insupportables». Il a encore fustigé «le clan Le Pen qui, en plus, est poursuivi par la justice».

Marine Le Pen a dénoncé en retour le «délire d'outrances et d'éructations» du PS, pointant notamment sur iTÉLÉ «les accusations de guerre civile contre le FN et de défendre +la race blanche+ contre l'UMP», en référence aux propos du socialiste Claude Bartolone à l'égard de sa rivale Les Républicains Valérie Pécresse en Île-de-France.

«Face à ce déferlement classique dans les régimes totalitaires, n'ayez pas peur! Ne vous laissez pas infantiliser! Ne doutez pas et ne vous démobilisez pas!», avait déjà lancé Marine Le Pen lors d'un meeting national jeudi soir à Paris.

La candidate, arrivée première en Nord-Pas-de-Calais-Picardie, avait attaqué Manuel Valls, «matamore de sous-préfecture et accessoirement Premier ministre qui s'est autopromu au rang de directeur de campagne de l'UMP».

Tête de liste en Alsace-Lorraine-Champagne-Ardennes, Florian Philippot a dénoncé sur France Info «toute une caste, toute une oligarchie (qui) s'est mise à essayer de terroriser les électeurs».

Les derniers sondages montrent toujours le Front national perdant dans les trois régions où ses candidats sont les mieux placés.

En Nord-Pas-de-Calais-Picardie, le candidat des Républicains Xavier Bertrand pour qui l'exécutif et une grande partie de la gauche a appelé à voter est donné gagnant dimanche face à Marine Le Pen. Il l'emporterait selon un sondage BVA par 53% des suffrages contre 47% à la présidente du FN.

Le duel s'annonce plus serré selon BVA en Provence-Alpes-Côte d'Azur, où Christian Estrosi, également seul candidat face à l'extrême droite, est crédité de 51% des voix contre 49% à Marion Maréchal-Le Pen.

- Climat délétère en Ile-de-France -

Le candidat des Républicains Philippe Richert en Alsace-Champagne-Ardennes-Lorraine devrait bénéficier de son côté d'une légère avance face à Florian Philippot, alors que la liste de Jean-Pierre Masseret s'est maintenue pour le second tour malgré la perte de l'investiture du Parti socialiste.

M. Richert l'emporterait dimanche avec 43% des voix contre 41% à M. Philippot, selon un sondage de l'institut Elabe.

Reste la grande inconnue de la Bourgogne-Franche-Comté où, selon la candidate socialiste Marie-Guite Dufay, «la situation est claire et grave» car le Front national emmené par Sophie Montel, arrivée première dimanche dans sept des huit départements, peut l'emporter.

Troisième dimanche dernier mais au coude-à-coude avec le candidat de droite François Sauvadet, elle a maintenu sa liste pour le second tour, créant une triangulaire qui pourrait profiter à l'extrême droite créditée de 31,48% des voix au premier tour.

Quant à l'Ile-de-France, autre point chaud à deux jours du dénouement de ces élections, la polémique entre le socialiste Claude Bartolone et la candidate des Républicains Valérie Pécresse, n'a pas faibli vendredi.

Sur iTÉLÉ, le président de l'Assemblée nationale a maintenu les propos dans lesquels il disait qu'«en creux», Mme Pécresse défendrait «Versailles, Neuilly et la race blanche». Il a également renvoyé les Républicains à leur propre «violence» à son endroit, prenant l'exemple du maire de Juvisy-sur-Orge (Essonne), Robin Reda, qui l'a traité d'«élu mafieux».

Après les multiples critiques de l'opposition sur les propos de M. Bartolone, M. Valls lui a renouvelé son soutien. Les deux hommes effectuent d'ailleurs vendredi matin un déplacement commun dans l'Essonne.