Les policiers municipaux veulent leur Taser

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Autorisés à porter des pistolets ou des revolvers, les policiers municipaux n'ont pas droit au pistolet à impulsions électriques (PIE) Taser, arme non létale, qui équipe trois milliers de  gendarmes et de policiers.
Autorisés à porter des pistolets ou des revolvers, les policiers municipaux n'ont pas droit au pistolet à impulsions électriques (PIE) Taser, arme non létale, qui équipe trois milliers de gendarmes et de policiers. — Jack Guez AFP/Archives

Le Taser fait des jaloux. L'Union nationale des agents de police municipale (UNAPM CFE-CGC) de l'Ile de France a demandé vendredi que les policiers municipaux puissent être autorisés à porter ce pistolet à impulsions électriques (PIE), dont trois milliers de gendarmes et policiers sont équipés.

«Urgence» d'un nouveau décret

Le décret du 24 mars 2000, qui fixe la liste des armes des policiers municipaux, ne prévoit pas le Taser et des municipalités qui en ont fait l'achat se sont vu interdire de les utiliser par le préfet. Arnaud Libert, responsable de l'UNAPM CFE-CGE pour l'Ile-de-France, région qui compte 800 des 17.000 policiers municipaux français, insiste sur «l'urgence» d'un nouveau décret qui permettrait aux policiers municipaux de porter le Taser, arme de 4e catégorie.

Ce responsable rappelle l'agression le 22 mars d'une policière municipale d'Emerainville (Seine-et-Marne) qui avait été rouée de coups par cinq jeunes encagoulés et qui n'avait pas utilisé le pistolet 7,65 dont elle était armée.

«Incidents aux Etats-Unis»

Les policiers municipaux ne sont autorisés à porter que deux types d’armes : les revolvers de calibre 38 spécial et les armes de poing (revolvers ou pistolets) de calibre 7,65. Patrick Lisai, chef de la police municipale de Clayes-Souilly, assure que le Taser est «un bon armement alternatif». «Avec le Taser, affirme-t-il, on ne peut pas provoquer de blessures et l'on est mieux protégé qu'avec un tonfa (matraque)».

Mais Dominique Martin, président du syndicat national des policiers municipaux (SNPM, majoritaire), est plus réservé car il a «eu des échos sur des incidents aux Etats-Unis» avec le Taser. Amnesty International dénonce régulièrement un usage abusif de cette arme par les policiers américains, assurant avoir recensé des décès à la suite des décharges reçues.Fin juillet, un homme qui tentait d’exorciser sa petite-fille en Arizona est mort après avoir été touché par un Taser.

Décharge de 50.000 volts

Cette arme envoie jusqu'à dix mètres deux dards sur un suspect, lui administrant une décharge de 50.000 volts agissant sur son système nerveux et le tétanisant quelques secondes, le temps de le maîtriser.