Le dernier hommage au cardinal Lustiger

EGLISE Plus de 5.000 personnes ont assisté aux obsèques de l'ancien archevêque de Paris à Notre-Dame...

— 

La cérémonie des obsèques solennelles du cardinal Jean-Marie Lutiger a débuté vendredi à 10H00 à Notre-Dame de Paris avec l'installation du cercueil du défunt sur le parvis où se pressaient plusieurs centaines de personnes.
La cérémonie des obsèques solennelles du cardinal Jean-Marie Lutiger a débuté vendredi à 10H00 à Notre-Dame de Paris avec l'installation du cercueil du défunt sur le parvis où se pressaient plusieurs centaines de personnes. — Bertrand Guay AFP

Les obsèques du cardinal Jean-Marie Lustiger se sont déroulées vendredi matin en la cathédrale Notre-Dame de Paris en présence de nombreuses personnalités religieuses et politiques, dont le président Nicolas Sarkozy. Quelque 2.000 personnes se sont massées sous un ciel gris, sur le parvis de la cathédrale alors que la messe, retransmise à l'extérieur sur écran géant, a été célébrée dans la cathédrale où 3.000 personnes avaient pris place dont 500 prêtres, 50 évêques et 16 cardinaux.
    
Mgr André Vingt-Trois, archevêque de Paris et successeur de Mgr Lustiger, a prononcé l'homélie. Le cardinal Paul Poupard a ensuite lu un message du pape Benoît XVI. Puis, Maurice Druon, secrétaire perpétuel de l'Académie française, à laquelle appartenait le défunt, a prononcé un discours.

Nicolas Sarkozy, François Fillon ainsi que plusieurs membres du gouvernement étaient assis, dans la nef centrale, du côté droit, à côté des représentants des autres cultes et de la communauté juive dont Mgr Lustiger était issu. La famille du cardinal se tenait, elle, sur le côté gauche de la nef centrale.

Des prières en hébreu
    
La cérémonie a commencé à 10h sur le parvis où le cercueil, porté par six prêtres ordonnés par Mgr Lustiger en 2004, avait été posé. A suivi une procession d'évêques et de cardinaux, vêtus de leur traditionnelle robe, violette pour les premiers et pourpre pour les seconds. Nicolas Sarkozy, revenu de ses vacances américaines pour assister à la cérémonie, se tenait debout devant le cercueil.
    
L'arrière-petit neveu de l'ancien archevêque de Paris, Jonas Moses-Lustiger, la tête recouverte d'une kippa, a ensuite versé dans une coupe, placée sur le cercueil, de la terre de Terre Sainte. Le jeune homme a voulu dire simplement «merci» à Jean-Marie Lustiger en racontant un épisode récent, «un des plus beaux moments de sa vie» au contact du cardinal malade. «Je me suis rendu compte que je ne t'avais pas demandé ce que, moi, je pouvais faire pour toi et tu m'as simplement répondu que je pouvais faire deux choses : prier pour toi et avoir une vie heureuse». Il a ensuite lu le Psaume 113, en hébreu puis en français avant qu'Arno Lustiger, cousin du défunt, ne rappelle l'histoire de la famille Lustiger, durement touchée par le drame de la Shoah - la mère du cardinal est morte à Auschwitz - et ne lise le «Kaddish des endeuillés», prière juive traditionnelle.

Un «maître spirituel» pour Mgr André Vingt-Trois

Les personnalités, installées sur le parvis, ont ensuite gagné l'intérieur de la cathédrale pour la messe de funérailles où le cercueil a été déposé à même le sol, devant l'autel sous un portrait géant de Mgr Lustiger dans ses habits pourpres de cardinal.
    
Devant le cercueil entouré de six cierges pour rappeler «la lumière de la foi», Mgr André Vingt-Trois a rendu hommage au cardinal Lustiger en évoquant un «maître spirituel», soulignant «la personnalité exceptionnelle» de son prédécesseur.
    
Il a également souligné le rôle joué par le cardinal Lustiger «dans le développement des relations entre les juifs et les chrétiens avec l'encouragement et le soutien de Jean-Paul II», «des actes décisifs, a-t-il ajouté, que peut-être lui seul pouvait engager».
    
A l'issue de la cérémonie, à laquelle assistaient également Bernadette Chirac et l'ancien président polonais Lech Walesa, le corps de Mgr Lustiger, archevêque de 1981 à 2005, a été enterré dans la crypte de la cathédrale où reposent la plupart des archevêques de Paris depuis le XVIIe siècle.